La fouine (Martes foina) est un petit mammifère carnivore de la famille des mustélidés, très proche de la martre. Elle vit en Europe et en Asie, et a été introduite en Amérique du Nord. Son corps mesure 40 à 50 cm, sa queue jusqu’à 30 cm, et sa bavette blanche permet de la distinguer de la martre, dont la bavette est jaune.
La fouine marque son territoire en déposant ses crottes toujours aux mêmes endroits, souvent en hauteur, sur un muret, une pierre ou une poutre. Voici comment reconnaître ces excréments et comment réagir quand on en trouve au jardin, au grenier ou dans les combles.
Le régime alimentaire de la fouine
La fouine est un opportuniste. Elle chasse surtout des rongeurs, souris et campagnols, mais aussi des oiseaux, et consomme des œufs, des fruits et des baies. Elle peut s’attaquer à des proies plus grosses qu’elle, comme un lapin. Comme la plupart des petits carnivores, elle mange souvent et absorbe chaque jour une part importante de son poids.
À quoi ressemble une crotte de fouine
Une crotte de fouine est fine et torsadée, avec des extrémités pointues, et mesure 5 à 8 cm. Sa couleur va du brun foncé au noir, et elle contient des poils et des débris d’os nettement visibles. Elle est souvent déposée en hauteur, sur un muret, une poutre ou un rebord de toit.
La fouine dépose ses crottes aux mêmes endroits pour marquer son territoire et signaler sa présence aux autres fouines. Ces dépôts sont souvent installés en hauteur, sur un appui qu’elle peut surveiller, ce qui explique qu’on en trouve sur des rebords, des poutres ou des pierres.
Ces dépôts se retrouvent souvent sur les trottoirs, les escaliers ou les rebords de fenêtre. En séchant, la crotte devient dure et noire, et elle est difficile à faire disparaître d’une surface poreuse.
Les risques sanitaires des déjections de fouine
Les excréments d’un animal sauvage ne sont jamais anodins : ils peuvent porter des bactéries comme les salmonelles. Le risque reste faible tant qu’on évite le contact direct, qu’on se lave les mains après le nettoyage et qu’on empêche les enfants de jouer avec. Une morsure, rare, demande un avis médical.
Crottes de fouine et crottes de rat : les différences
La fouine est souvent prise pour un rongeur, alors qu’elle appartient à l’ordre des carnivores. Un rat a un corps trapu, une queue presque nue et des incisives qui poussent en continu ; la fouine a un corps allongé, une queue touffue et des canines. Cette différence se lit aussi dans les crottes.
Une crotte de rat mesure un à deux centimètres, de forme allongée ou en pilule, et noire brillante quand elle est fraîche. Elle perd son éclat et se dessèche avec le temps, ce qui donne une idée de l’ancienneté de l’infestation. Une crotte de fouine est plus longue, plus grosse et contient des restes alimentaires visibles.
Crottes de fouine, de martre et de putois : trois mustélidés à distinguer
La martre (Martes martes) ressemble beaucoup à la fouine. Le critère le plus fiable reste la bavette, cette tache sous la gorge : blanche et souvent fourchue chez la fouine, jaune crème et plus arrondie chez la martre. Le reste diffère par les mœurs. La martre vit en forêt et grimpe volontiers ; la fouine s'installe près des habitations, dans un grenier, un hangar ou sous un toit, ce qui explique qu'on trouve ses crottes sur un rebord de fenêtre et rarement en pleine forêt. Leurs excréments se ressemblent toutefois assez pour qu'on hésite : même forme torsadée, mêmes restes de poils. L'endroit du dépôt et la bavette de l'animal, si on l'aperçoit, tranchent mieux que la crotte seule.
Le putois (Mustela putorius), plus petit, mesure 35 à 45 cm et dégage une odeur forte, perceptible avant même de trouver ses déjections. Ses crottes sont plus courtes, souvent sous 5 cm, et déposées au sol plutôt qu'en hauteur. Il fréquente les zones humides, les granges et les haies, rarement les combles.
Reconnaître un dépôt frais d'un dépôt ancien
Une déjection fraîche est souple, brillante et très odorante. En séchant, elle devient dure, noire et cassante, puis elle pâlit et se couvre de moisissure blanche au bout de quelques semaines. Cette évolution donne une idée de l'ancienneté et donc de la présence actuelle de l'animal.
La fouine ne se contente pas d'un dépôt unique. Elle utilise les mêmes endroits, ce qu'on appelle des latrines, et y revient régulièrement. Trouver plusieurs crottes alignées sur une poutre, un rebord ou un tas de gravats indique un passage répété, pas une visite unique.
Les traces qui accompagnent les crottes dans une maison
Une fouine installée dans les combles laisse d'autres indices que ses déjections. On entend des galopades et des frottements la nuit, souvent entre 22 heures et 4 heures du matin, quand elle chasse. Une odeur d'urine forte, musquée, imprègne l'isolation. L'isolant est déchiré en boules, les gaines de ventilation peuvent être percées, et des tuiles ou des ardoises sont parfois déplacées près du point d'entrée.
Sous le capot d'une voiture, la fouine ronge les durites, les gaines de câbles et les tuyaux souples, attirée par l'odeur de caoutchouc chaud d'un moteur encore tiède. Un moteur qui démarre mal, un voyant allumé ou une flaque sous la voiture au matin doivent faire ouvrir le capot et regarder les gaines.
Empêcher la fouine de revenir
Le piégeage ne règle rien si l'accès reste ouvert : un autre animal s'installera. Quatre gestes suffisent dans la plupart des cas.
- Repérer le point d'entrée et le fermer par un grillage rigide à mailles de 2 cm, fixé solidement : une fouine force un grillage souple ou mal tendu.
- Couper ou éloigner les branches qui passent à moins d'un mètre de la façade ou de la gouttière. La fouine grimpe et saute, elle n'a pas besoin d'échelle.
- Rentrer les gamelles de nourriture des animaux le soir, fermer le compost et ramasser les fruits tombés.
- Protéger le poulailler par un grillage enterré sur 20 cm et un verrou, car la fouine tue plus qu'elle ne consomme.
Un point de vigilance sur le calendrier : évitez de condamner un accès entre mars et juin, période d'élevage des petits. Une portée enfermée meurt sur place et l'odeur devient difficile à traiter. Attendez le départ de la famille, ou faites intervenir un professionnel.
La réglementation française sur la fouine
La fouine figure sur la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD) fixée par arrêté ministériel triennal, mais le classement s'applique département par département et seulement sur certaines communes. L'arrêté du 10 août 2026, valable jusqu'en 2029, autorise le piégeage de la fouine toute l'année, uniquement à moins de 250 mètres d'un bâtiment ou d'un élevage. Le piégeage est réservé aux personnes titulaires de l'agrément délivré en préfecture, qui doit faire l'objet d'une déclaration en mairie.
Concrètement, vous ne pouvez pas poser un piège vous-même sans agrément. Une mairie peut organiser la régulation sur le domaine public, et un particulier peut faire appel à un piégeur agréé ou à une entreprise spécialisée pour une intervention dans ses combles. Les raticides sont à proscrire : un rongeur empoisonné empoisonne le prédateur qui le mange, et un cadavre coincé dans une cloison complique sérieusement le problème.
Si la taille, la couleur ou le contenu ne collent pas avec une fouine, il s’agit peut-être d’un autre animal :
Nettoyer des crottes de fouine sans risque sanitaire
Si vous découvrez des crottes de fouine au jardin, dans le grenier ou sous les combles, ne les touchez jamais à mains nues. Portez des gants jetables et un masque, puis humidifiez les excréments avec un spray désinfectant avant de les ramasser pour éviter de disperser des particules. Placez les déchets dans un sac fermé et désinfectez soigneusement la zone avec une solution d’eau de Javel diluée ou un produit adapté.
Après le nettoyage, cherchez le point d’entrée utilisé par l’animal : trou dans la toiture, gouttière, abri de jardin ou garage laissé ouvert. Boucher ces accès et supprimer les sources de nourriture accessibles reste le moyen le plus efficace pour dissuader les fouines de s’installer à proximité de la maison.