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Crotte de chauve-souris : reconnaître le guano et le nettoyer

Michel Duchène
Michel Duchène
7 Min de lecture
photo de chauve-souris

Le guano, nom donné aux déjections des chauves-souris, se reconnaît à sa forme : de petites boulettes allongées de 5 à 10 mm, arrondies aux extrémités, qui s’effritent en poussière brillante quand on les écrase. Cette texture friable vient des fragments de carapaces d’insectes, et c’est le meilleur critère pour ne pas la confondre avec une crotte de rongeur.

Dans une maison, le guano s’accumule sous un point de repos, le plus souvent contre un mur de grenier, sous une panne ou derrière un volet. Il ne s’agit pas d’un simple désagrément : en séchant, les tas libèrent des spores qui peuvent provoquer une infection respiratoire, et leur nettoyage demande quelques précautions.

Cette page détaille l’aspect du guano, son odeur, les gestes de nettoyage et le cadre légal, les chauves-souris étant une espèce protégée en France.

À quoi ressemble la crotte de chauve-souris ?

Photo de crotte de chauve-souris
La crotte (guano) des chauves-souris dégage une odeur d’ammoniac perceptible.

A quoi ressemble le caca de chauve-souris ? Le guano est le terme utilisé pour désigner les petites crottes de couleur foncée que les chauves-souris laissent derrière elles. Lorsqu’on les touche, ces boulettes allongées s’effritent et se transforment en poussière. Elles ressemblent à des ballons de rugby car elles sont généralement ovales et ont des extrémités arrondies. Certaines crottes ont de minuscules extrémités pointues et présentent souvent des reflets irisés. Le guano des chauves-souris peut être constitué d’une, deux ou trois sections.

Comme les chauves-souris se nourrissent principalement de fruits et d’insectes, seuls les composants non comestibles de leur régime alimentaire à base d’insectes se retrouvent dans leurs excréments. Leurs excréments ont une texture friable due à cette substance, ce qui permet de les distinguer des excréments de souris, qui ont un aspect similaire mais qui sèchent en prenant une consistance très dure.

La crotte de chauve-souris sent-elle mauvais ?

La réponse simple est oui. Dans les greniers, les cavités murales et autres espaces vides, les excréments de chauve-souris se décomposent et dégagent une odeur nauséabonde. Cette odeur forte, de moisi et d’amertume est souvent présente dans les logements des bâtiments ou les colonies de longue durée. Les animaux qui périssent dans des régions éloignées dégagent également une odeur similaire.

Le guano des chauves-souris dégage également une odeur d’ammoniaque perceptible. Certains propriétaires ne verront peut-être jamais le guano, mais ils peuvent tout de même le sentir. En cas d’infestation, l’ammoniac provenant de l’urine des chauves-souris dégage une odeur âcre qui ressemble étrangement à celle d’une litière pour chat qui a été trempée dans l’urine.

À quoi sert la crotte de chauve-souris ?

Étonnamment, le guano de chauve-souris est l’un des engrais les plus efficaces au monde. Vous avez déjà entendu parler de l’utilisation du fumier de volaille ou de poulet comme engrais, mais avez-vous déjà entendu parler du guano de chauve-souris ?

Le guano de chauve-souris biologique peut même être acheté en magasin ou en ligne comme engrais. Les déchets amassés par les oiseaux de mer et les chauves-souris sont appelés guano. Ce terme est le plus souvent utilisé pour désigner le fumier utilisé pour fertiliser les jardins.

L’utilisation du guano, ou des excréments des chauves-souris, pour améliorer les sols remonte à de nombreuses années. Seules les espèces se nourrissant de fruits et d’insectes en fournissent. Le guano de chauve-souris agit rapidement, émet peu d’odeur et peut être incorporé au sol avant la plantation ou pendant la croissance active de la plante.

Les excréments de chauve-souris aident les plantes à produire des tiges solides, stimulent la floraison, favorisent la croissance des racines et encouragent une croissance verte et rapide pour les pelouses. En outre, ils rendent les sols denses plus légers et aident à maintenir les sols meubles. On a découvert que les microbes contenus dans les excréments de chauve-souris sont capables de biorestauration, ce qui suggère que le guano de chauve-souris peut aider à éliminer les toxines des sols.

La crotte de chauve-souris est-elle nocive ?

Le guano est souvent utilisé comme engrais en raison de sa forte teneur en azote et en phosphore, mais il peut être dangereux lorsqu’il s’accumule à l’intérieur de la maison. Bien que le guano de chauve-souris soit bénéfique pour l’environnement, vous devez le garder hors de votre maison car il présente un risque pour votre santé.

S’il est dérangé, le guano de chauve-souris peut libérer des spores infectieuses qui peuvent provoquer l’histoplasmose. Le champignon de l’histoplasmose, qui provoque de graves problèmes respiratoires chez l’homme, se développe dans les excréments des chauves-souris, riches en nutriments. La fièvre, la toux et la lassitude sont quelques-uns de ses symptômes. Si de nombreuses personnes atteintes d’histoplasmose se rétablissent sans traitement, l’infection peut devenir grave chez certaines personnes, notamment celles dont le système immunitaire est affaibli.

Nettoyer du guano dans un grenier : le protocole

Le guano ne se balaie pas à sec : le balayage remet les spores en suspension et les fait respirer. Le protocole tient en six étapes.

  1. Se protéger : masque FFP2 ou FFP3, gants jetables, lunettes, combinaison ou vêtements réservés au chantier.
  2. Humidifier le tas avec un pulvérisateur d’eau, sans détremper le support, pour plaquer la poussière.
  3. Racler avec une spatule et remplir des sacs épais, refermés sur eux-mêmes. Un aspirateur sans filtre HEPA ne fait que diffuser les spores.
  4. Désinfecter la zone avec un produit virucide adapté au support, puis laisser sécher complètement.
  5. Jeter les sacs avec les déchets ménagers, laver les vêtements de chantier à part et à haute température.
  6. Chercher l’entrée : une fente de 1,5 à 2 cm sous une tuile ou un joint de faîtage dégradé suffit au passage d’une pipistrelle.

Un masque mal ajusté ne protège pas. Si la couche de guano dépasse quelques centimètres ou si la zone est confinée, l’intervention d’une entreprise spécialisée est plus sûre, notamment pour les personnes asthmatiques ou immunodéprimées.

Chauve-souris, souris ou rat : comment reconnaître les crottes ?

La confusion la plus fréquente concerne les crottes de souris et de rat, qui se présentent elles aussi comme de petits grains sombres. Trois critères permettent de trancher.

  • La forme. Les déjections de chauve-souris sont allongées et fines, souvent plus longues que larges, alors que celles des rongeurs sont ovales, avec des extrémités effilées.
  • Le test du toucher, avec un gant et un masque : les crottes de chauve-souris s’effritent en poussière brillante, car elles contiennent des fragments de carapaces d’insectes. Celles des rongeurs restent dures et gardent leur forme.
  • L’emplacement. Les chauves-souris laissent leurs déjections sous un point de repos, souvent contre un mur ou sous une poutre, en petits tas réguliers. Les rongeurs les dispersent le long de leurs passages.

La distinction change la suite à donner : un amas de guano demande surtout un nettoyage prudent et la fermeture de l’accès au grenier, l’espèce étant protégée en France, alors que des crottes de rongeurs supposent de traiter l’infestation. Notre article sur la différence entre crottes de rat et de souris détaille l’identification côté rongeurs.

Chauve-souris dans le grenier : ce que dit la loi

Toutes les espèces de chauves-souris sont protégées en France par l’arrêté du 23 avril 2007. La protection couvre les animaux mais aussi leurs gîtes : détruire une colonie, boucher une entrée occupée ou perturber volontairement un reposoir est une infraction, y compris dans une maison privée.

En pratique, un propriétaire peut nettoyer le guano et réaliser des travaux, mais pas condamner un gîte occupé. La période la plus sensible va de mai à août, quand les femelles mettent bas et allaitent. Pour un aménagement de combles, la démarche passe par un inventaire naturaliste et, si nécessaire, une demande de dérogation auprès de la DREAL, accompagnée d’une mesure de compensation comme la pose d’un gîte de substitution.

Le départ naturel de la colonie se produit souvent en fin d’été. C’est la fenêtre la plus simple pour poser un grillage ou refermer une fente, une fois la colonie partie et le gîte vide.

Que mangent les chauves-souris ?

En France, les espèces qui fréquentent les maisons sont insectivores. La pipistrelle commune, la plus répandue, chasse des moustiques, des moucherons, des papillons de nuit et de petits coléoptères. La sérotine et le murin de Daubenton complètent ce régime de proies capturées en vol, souvent au-dessus d’un jardin ou d’un point d’eau.

Les chauves-souris frugivores et nectarivores, comme les roussettes, vivent sous les tropiques et ne concernent pas les greniers français. Quant aux vampires, ils sont absents d’Europe.

Un jardin qui accueille une colonie y gagne : une pipistrelle consomme plusieurs centaines d’insectes par nuit, ce qui pèse sur les populations de moustiques autour de la maison.

Si ce n’est pas une chauve-souris, c’est peut-être :