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Préparer un poêle à bois avant l'hiver : ramonage, joints et premier feu

Michel Duchène
Michel Duchène
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Porte vitrée d'un poêle à bois avec une flambée visible derrière la vitre

Un poêle à bois resté éteint depuis le printemps demande une série de vérifications avant la première flambée. Un conduit encrassé, un joint de porte écrasé ou un bois encore humide coûtent du rendement, encrassent l'appareil plus vite, et augmentent le risque de feu de cheminée. Deux obligations encadrent cette remise en route, et elles ne portent pas sur la même partie de l'installation.

Le ramonage concerne le conduit, l'entretien concerne l'appareil

Le ramonage s'applique aux conduits de raccordement et d'évacuation des fumées. Il est obligatoire au moins une fois par an. Dans la majorité des départements, 2 ramonages par an sont exigés, dont un pendant la période d'utilisation de l'appareil. La fréquence exacte dépend du règlement sanitaire départemental : elle se demande à la mairie ou à la préfecture. L'intervention doit être réalisée par un ramoneur qualifié, qui remet une attestation dans les 15 jours ouvrés suivant son passage. Cette attestation se conserve au moins 2 ans. Le non-respect de l'obligation peut entraîner une amende de 450 €.

L'entretien porte sur l'appareil lui-même et sur les conduits qui distribuent la chaleur. Le code de la santé publique le fixe à une fois tous les 12 mois au minimum. Après une première installation ou un remplacement, le premier entretien intervient dans les 12 mois. Une exception existe : si l'appareil n'a pas servi du tout pendant 12 mois d'affilée, aucun entretien n'est exigé sur cette période, mais il redevient obligatoire avant toute nouvelle utilisation. Ces règles viennent du décret du 20 juillet 2023, entré en vigueur le 1er octobre 2023.

Les deux attestations ne servent pas qu'en cas de contrôle. Après un feu de conduit, c'est ce que l'assureur demande en premier.

Ce que comprend l'entretien annuel d'un appareil à foyer fermé

Le contenu de l'entretien n'est pas laissé à l'appréciation de l'intervenant. Un arrêté du 20 juillet 2023 en fixe la liste minimale : vérification et nettoyage éventuel du conduit de raccordement, nettoyage des surfaces d'échange, contrôle du débouché du terminal d'évacuation, inspection et nettoyage des amenées d'air comburant, nettoyage du ventilateur et des passages d'air, vérification et remplacement éventuel des pièces d'usure, dont les joints, contrôle des organes de sécurité et de la régulation, nettoyage de l'extracteur de fumée, et décendrage approfondi.

Les appareils à granulés reçoivent deux contrôles supplémentaires : la puissance réglée par défaut doit correspondre aux besoins du logement, et les réglages du ventilateur d'extraction comme la fréquence de nettoyage du creuset sont vérifiés en fonction du combustible utilisé.

L'attestation reprend la liste des points contrôlés, l'identification de l'appareil, les dates du dernier entretien et du dernier ramonage, et les conseils d'usage prévus par la réglementation.

Ce qu'il faut regarder soi-même avant de rallumer

Les joints de porte d'abord. Fermez la porte sur une feuille de papier : si elle glisse sans résistance, le joint est écrasé, l'air entre par où il ne devrait pas, et la combustion se règle mal. C'est une pièce d'usure, elle se remplace.

La vitre ensuite, comme révélateur plus que comme surface à nettoyer. Une vitre qui noircit en quelques heures signale un manque d'air de combustion ou un bois trop humide. La nettoyer sans corriger la cause ne règle rien.

Le tirage enfin. Approchez une allumette de l'entrée du conduit avant d'allumer : la fumée doit être aspirée franchement. Si elle stagne ou retombe dans la pièce, le conduit est obstrué ou le logement est en dépression. Le débouché en toiture mérite un coup d'œil, il arrive qu'un nid, des feuilles ou de la neige tassée le bouchent.

Le cendrier compte aussi : une couche de cendres trop épaisse gêne l'arrivée d'air sous la grille. Les cendres froides se gardent pour le jardin, avec des usages bien précis (voir la cendre de bois au jardin et à la maison).

Un appareil propre ne compense pas un bois humide

Le guide pratique du ministère chargé de l'environnement et de l'ADEME donne la limite : le taux d'humidité d'une bûche ne doit pas dépasser 20 %. Au-delà, la combustion dégage moins de chaleur et davantage de particules, et le conduit s'encrasse plus vite. Un bois fraîchement coupé demande 18 mois de séchage avant d'être brûlé, et les bûches gagnent à être rentrées 24 à 48 heures avant utilisation pour perdre l'humidité de surface.

Quelques signes trient un lot sans instrument : des bûches légères, fendillées du centre vers l'extérieur, dont l'écorce se détache facilement. Le tri compte aussi pour ce qui entre dans le foyer : le bois peint, vernis ou traité dégage des substances corrosives et encrasse l'appareil, et un poêle à granulés n'accepte ni bûches ni bois déchiqueté.

Reste le stockage. Des bûches posées à même le sol et couvertes d'une bâche imperméable reprennent l'humidité qu'elles avaient perdue, comme le détaille notre article sur garder le bois de chauffage sec tout l'hiver. Sur l'achat, le calendrier joue autant que le prix : mieux vaut améliorer le séchage du bois que de remplir le coffre en janvier.

Le premier feu de la saison : allumage par le haut, feu couvant à éviter

Pour la première flambée, l'allumage par le haut est la méthode que recommande l'ADEME : les bûches empilées de la plus grosse à la plus petite, bien espacées, avec le petit bois et l'allumage par-dessus. Les fumées produites traversent les flammes et brûlent, au lieu de filer encrassantes dans le conduit.

Ensuite, laissez l'appareil monter en température plutôt que de le faire couver. Un feu couvant, air réduit au minimum, envoie des fumées froides qui déposent de la créosote dans le conduit. C'est le combustible du feu de cheminée.

Si un feu de conduit se déclare, appelez les pompiers et cessez d'utiliser l'appareil. La réglementation interdit l'usage des conduits et appareils après un sinistre, dans l'attente d'un examen par un installateur ou une personne qualifiée qui établit une attestation. Un détecteur de monoxyde de carbone dans la pièce complète le dispositif : ce gaz n'a ni odeur ni couleur.

La chaleur produite ne se répartit pas seule dans le logement, la convection explique pourquoi, et quelques gestes aident à diffuser la chaleur vers les pièces voisines.

Ce qui se décide en mairie ou en copropriété

Deux règles locales peuvent changer la donne. Dans certaines communes, l'usage des foyers ouverts est interdit par la mairie ou la préfecture, pour cause de pollution de l'air : à Paris et dans de nombreuses communes d'Île-de-France, seuls des feux d'agrément ponctuels sont tolérés. En immeuble, le règlement de copropriété peut interdire l'usage d'une cheminée ou d'un poêle, et mieux vaut le vérifier avant d'installer quoi que ce soit.

La fréquence du ramonage relève de la même logique locale. Elle se demande à la mairie ou à la préfecture, pas au vendeur de l'appareil.