En été, faites prospérer vos figuiers sans trop d’arrosage grâce à cette méthode facile.

Michel Duchène
Michel Duchène
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La saison estivale est à son apogée et votre figuier est en pleine production de fruits savoureux, vous vous trouvez vraisemblablement en train de rêver à l’idée d’en avoir plusieurs dans votre jardin. Cependant, l’effort d’arroser continuellement des jeunes plants peut sembler accablant.

Heureusement, une solution existe. Il s’agit d’une méthode de multiplication durant l’été qui requiert peu d’eau tout en offrant des résultats remarquables.

Utilisée depuis de nombreuses générations autour de la Méditerranée, cette méthode traditionnelle permet de créer de nouveaux figuiers robustes sans l’effort d’un arrosage quotidien.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’été s’avère être la période la plus appropriée pour multiplier les figuiers, grâce à un savoir-faire spécifique qui exploite la chaleur et l’activité intense de leur sève. Les horticulteurs aguerris l’affirment : cette période favorise grandement la réussite des boutures avec un minimum d’interventions nécessaires.

La technique du marcottage aérien : une solution infaillible pour l’été

Pour reproduire vos figuiers pendant la saison chaude, le marcottage aérien s’impose comme la méthode idéale. Cette pratique consiste à favoriser l’enracinement d’une branche encore rattachée à l’arbre parent avant de l’isoler pour l’établir en tant que nouvel arbre.

Ce procédé repose sur une incision soigneusement réalisée dans l’écorce, qui stimule la croissance des racines adventives. Comme la branche demeure connectée à l’arbre principal, elle bénéficie d’un apport continu de sève pendant tout le processus d’enracinement, ce qui augmente le taux de succès même par temps chaud.

Pourquoi cette méthode est-elle si efficace en été ?

Plusieurs éléments expliquent la réussite du marcottage aérien durant l’été :

  • Une circulation active de la sève qui favorise à la fois la cicatrisation et l’émission de racines
  • Des températures propices qui accélèrent les processus biologiques de l’arbre
  • L’humidité présente dans l’air durant la nuit qui aide à compenser les besoins hydriques
  • Un taux élevé de photosynthèse qui génère les nutriments indispensables à l’enracinement

Matériel requis et préparation préalable

Pour réaliser un marcottage aérien efficace, voici les outils nécessaires :

  • Un couteau bien aiguisé ou une aine de rasoir
  • De la sphaigne ou de la mousse naturelle
  • Du film plastique transparent
  • Du raphia ou des attaches souples
  • Une hormone de bouturage (non obligatoire)
  • Un vaporisateur

La sphaigne est particulièrement recommandée en raison de sa capacité à retenir l’humidité tout en laissant circuler l’air. Si vous ne trouvez pas, de la mousse de forêt légèrement humidifiée peut tout à fait convenir.

Procédure étape par étape

Choix de la branche

Optez pour une branche saine de l’année précédente, aussi épaisse que 1 à 2 centimètres, qui doit être suffisamment souple pour être manipulée aisément. Évitez cependant les branches jeunes, souvent trop fragiles, ou les branches plus anciennes qui se révèlent plus rigides.

Une branche adaptée devrait avoir une écorce lisse, sans cicatrices ni signes de maladies. Privilégiez celles situées à un niveau moyen sur l’arbre, car elles bénéficient d’un bon équilibre entre lumière et protection.

Réalisation de l’incision

À environ 30 centimètres de l’extrémité de la branche, effectuez une incision circulaire à travers toute la circonférence. Cette découpe doit traverser l’écorce ainsi que le cambium, tout en évitant d’atteindre le bois.

Effectuez ensuite une seconde incision à 2 centimètres de la première, et retirez délicatement l’anneau d’écorce qui se situe entre les deux, un processus connu sous le nom de cernage. Cela interrompra, le flux de sève élaborée vers le bas, favorisant l’émergence de racines.

Application du substrat autour de l’incision

Humidifiez légèrement la sphaigne et enveloppez la zone dénudée avec, formant une boule d’environ 8 centimètres de diamètre autour de la blessure. Assurez-vous que la mousse soit en contact étroit avec le bois pour une meilleure assimilation.

Ensuite, enveloppez l’ensemble avec le film plastique transparent de manière à créer une chambre hermétique. Fixez fermement les extrémités à l’aide de raphia pour éviter toute infiltration d’air.

Contrôle de l’humidité sans arrosage fréquent

Un des principaux avantages de cette technique est sa faible utilisation en eau. Après avoir installé le marcottage, l’humidité est maintenue naturellement à l’intérieur de l’enveloppe en plastique grâce à la transpiration de la plante et à la condensation qui s’y forme.

Vérification hebdomadaire

Veillez à contrôler l’état du marcottage chaque semaine. La mousse doit rester légèrement humide sans être gorgée d’eau. Si elle semble trop sèche, n’hésitez pas à vaporiser un peu d’eau à travers une petite ouverture dans le plastique, puis refermez rapidement cette ouverture.

Cette attention minimale est généralement suffisante pour assurer un environnement optimal durant toute la période d’enracinement.

Suivi de l’évolution et signes de succès

Les premières racines sont visibles entre 4 et 8 semaines après la mise en place du marcottage. Vous pourrez les apercevoir se développer contre la surface transparente du film plastique, d’abord sous forme de petits bourgeons blanchâtres, puis en une multitude de radicelles.

Le système racinaire atteindra sa maturité au bout de 10 à 12 semaines, période durant laquelle les racines auront atteint plusieurs centimètres et afficheront une teinte blanc-crème, signe de leur santé.

Chronologie de développement

Semaine Évolution observable
2-3 Formation du cal sur la plaie
4-6 Apparition des premiers bourgeons racinaires
8-10 Développement des racines principales
12-14 Système racinaire mature, prêt à être détaché

Détacher et planter le nouveau figuier

Dès que le système racinaire est bien formé, amorcez le sevrage progressif. Pour cela, commencez par couper partiellement la branche juste en dessous du marcottage, ne sectionnant qu’un tiers de son diamètre. Patientez une semaine avant de finir la coupe.

Cette méthode de sevrage progressif contribue à éviter le choc lié à la transplantation et permet à la nouvelle plante de s’acclimater lentement à son indépendance.

Préparation pour la plantation du nouveau plant

Retirez soigneusement le film plastique ainsi que la mousse en veillant à ne pas abîmer les racines fragiles. Taillez l’extrémité de la branche à environ 15 centimètres au-dessus du point d’enracinement pour favoriser un développement harmonieux de la couronne.

Il est conseillé de planter immédiatement dans un mélange bien drainant constitué de terre de jardin, de compost et de sable grossier. Le nouvel emplacement doit offrir une exposition ensoleillée tout en étant protégé des vents puissants.

Adaptations et variations de la méthode

Cette méthode primaire peut être modulée pour s’adapter à vos besoins spécifiques. Pour les branches difficiles d’accès, le marcottage en gouttière, qui consiste à déposer un pot rempli de substrat autour de la branche, peut représenter une solution judicieuse.

Par ailleurs, les jardiniers aguerris ont parfois recours au marcottage multiple sur un même arbre, ce qui permet de produire plusieurs plants en même temps. Bien que cela requière une attention particulière, cela augmente considérablement les chances de succès.

Faits marquants par rapport à d’autres méthodes de reproduction

Le marcottage aérien présente des avantages importants en comparaison avec le bouturage classique ou le semis :

  • Un taux de succès souvent supérieur à 85%, même en été
  • Aucune source de stress hydrique pour la plante mère
  • La préservation des caractéristiques spécifiques de la variété
  • Un développement plus rapide du jeune plant
  • Une meilleure résistance aux conditions difficiles

Cette pratique ancienne s’avère particulièrement bénéfique dans les régions méditerranéennes où l’eau se fait rare durant l’été. Elle permet aux jardiniers soucieux de conserver cette ressource précieuse de continuer à multiplier leurs arbres fruitiers préférés.

La patience constitue votre meilleure alliée dans ce projet horticole. En suivant les étapes recommandées et en effectuant des contrôles réguliers mais discrets, vous parviendrez à obtenir des figuiers robustes qui commenceront à porter leurs premiers fruits dès la deuxième année. Cette approche éprouvée va transformer votre manière de multiplier les arbres fruitiers et enrichir de manière durable votre jardin familial.

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