J’ai soulevé la coque de mon spa fin août et j’ai été horrifié : voici ce que la tonne d’eau avait fait à ma terrasse en bois.

Michel Duchène
Michel Duchène
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L’été dernier, comme beaucoup d’entre vous peut-être, j’ai cédé à la tentation du spa gonflable. L’idée me semblait parfaite : installer ce petit coin de paradis aquatique sur ma terrasse en bois. Après tout, ma pelouse, je voulais la préserver des affres d’une telle installation. J’imaginais déjà les soirées de détente, les bulles apaisantes, un luxe à portée de main sans les contraintes d’une piscine en dur. Le choix de la terrasse s’était imposé comme une évidence, une surface plane, solide, accessible. Tout l’été, ce fut un rêve éveillé. Le spa trônait fièrement, accueillant famille et amis pour des moments inoubliables. Jamais le moindre craquement suspect n’est venu troubler la quiétude de nos baignades. L’euphorie des chaudes journées masquait une réalité bien plus sombre, se préparant silencieusement sous la coque du bassin.

uN été qui m’a laissé des marques

Puis est arrivé ce jour de fin d’août. L’été tirait à sa fin, et il était temps de remiser le spa, de le vider et de le plier pour l’hiver. C’est à ce moment-là que j’ai soulevé la coque et découvert l’ampleur du désastre. Ce que j’ai vu m’a coupé le souffle. Les lames de bois, habituellement d’une belle teinte naturelle, étaient noircies, comme gorgées d’une humidité nauséabonde. En y posant le pied, j’ai senti le bois mou, spongieux, presque prêt à s’effondrer. Les lambourdes, ces poutres sous les lames censées soutenir la structure, étaient carrément écrasées, broyées par une pression incessante. J’ai compris alors que ma terrasse, mon fier espace de vie extérieur, avait subi des dommages considérables, irréversibles pour certaines parties. La vue de ce ravage était une vraie claque.

cOmprendre le poids de l’insouciance

J’ai ensuite cherché à comprendre ce qui avait pu causer un tel désastre. L’image était éloquente : une tonne d’eau, oui, près de mille litres, sans même compter le poids de la structure du spa et celui des baigneurs, concentrée sur une petite surface. Mon modèle pour 4 à 6 personnes reposait sur un cercle d’à peine un peu plus de trois mètres carrés. C’est colossal ! Je n’avais jamais vraiment réfléchi à ces chiffres. La charge au mètre carré dépassait allègrement les 350 kg, alors qu’une terrasse résidentielle est généralement conçue pour supporter environ 250 kg par mètre carré. Et encore, cette limite est prévue pour des charges mobiles, des personnes qui se déplacent, des meubles qu’on bouge. Là, c’était une charge fixe, inébranlable, jour et nuit, semaine après semaine. Le bois n’a jamais eu le moindre répit. Mon insouciance venait de me coûter cher, très cher.

l’Ennemi invisible : l’étuve sous la coque

Mais le poids n’était pas le seul coupable, loin de là. Un autre ennemi silencieux et insidieux avait œuvré sous mon spa : l’humidité piégée. Le fond du spa, conjugué à la bâche de protection que j’avais placée en dessous, plaquait hermétiquement les lames de bois. Cela coupait toute circulation d’air. Chaque éclaboussure, chaque petite microfuite, chaque goutte de condensation restait prisonnière. Le bois n’avait aucune chance de sécher entre deux baignades. Avec la chaleur estivale, l’humidité ambiante sous cette « coque » hermétique a rapidement dépassé les 20%. Et là, j’ai appris que j’avais créé un environnement idéal pour les champignons lignivores, notamment la pourriture cubique. C’est ce qui explique que mon bois ait bruni, se soit fendillé en petits cubes et soit devenu mou comme une éponge. Et le pire, c’est que cela ne s’est produit qu’exactement sous l’emplacement du spa, comme une cicatrice honteuse.

mEs erreurs à ne jamais reproduire

Avec le recul, la rédaction m’a bien aidé à identifier ce que j’aurais dû faire, et surtout, ce que je n’aurais jamais dû faire. Laissez-moi partager ce que j’ai appris de cette coûteuse expérience.

🚫 À NE JAMAIS FAIRE : laissez le spa des mois directement sur les lames, sur un tapis étanche, sans jamais le soulever ni regarder l’état du bois. C’est la recette parfaite pour la catastrophe, croyez-moi. J’en ai fait la triste expérience, et j’espère que mon témoignage pourra en épargner d’autres.

lEs bons gestes de rattrapage et de prévention

Si, comme moi, votre spa a passé tout l’été directement sur votre terrasse, un contrôle rapide s’impose avant l’arrivée des pluies d’automne. Ne tardez pas. Une fois la coque vidée et déplacée, prenez un tournevis et essayez d’enfoncer la pointe dans les lambourdes, précisément là où le spa reposait. Si l’outil pénètre trop facilement, le bois est déjà compromis. C’est un indicateur clair.

Alors, pour l’avenir ou si vous êtes encore à temps de prévenir les dégâts, voici ce que j’ai appris et que j’aurais dû appliquer :

  • Surélever le spa : L’idéal est de le poser sur une dalle de béton ou une plateforme de plots qui répartit la charge sur une zone plus large et plus solide. Cela diminue la pression sur chaque lame.
  • Intercaler un support drainant : Utilisez des dalles ajourées ou des caillebotis robustes entre le spa et la terrasse. Pourquoi ça fonctionne ? Le poids est mieux réparti, et surtout, l’air peut circuler librement sous la coque. L’humidité ne reste plus piégée et le bois peut sécher, évitant ainsi de dépasser ce seuil critique de 20 % d’humidité qui est le paradis des champignons.
  • Soulever la coque régulièrement : Au moins une fois par mois, prenez le temps de vider et de déplacer votre spa pour vérifier l’état du bois en dessous. C’est le « petit plus » qui aurait pu tout changer pour moi. Un simple contrôle visuel peut vous sauver d’une catastrophe.

mEs leçons pour l’avenir

Pour mes futures installations, une chose est claire : je réserverai au spa une zone vraiment porteuse. Une petite dalle de béton affleurante à la terrasse ou une plateforme spécifiquement renforcée, idéalement positionnée au plus près d’un mur porteur de la maison. De cette façon, le bois environnant reste ventilé, il peut sécher après chaque pluie, et ma terrasse conservera son allure et sa solidité pendant plusieurs étés. C’est une question d’investissement initial pour une tranquillité d’esprit à long terme.

En bref, ce fut une expérience amère, mais riche en enseignements :

  • Mon installation initiale du spa gonflable sur la terrasse en bois, croyant préserver ma pelouse et ma structure, était une erreur monumentale.
  • En quelques mois seulement, la combinaison du poids concentré et de l’humidité piégée a transformé l’espace sous la coque en une zone critique pour la santé de mon bois.
  • Heureusement, il existe des solutions. Un simple test du tournevis, le repositionnement régulier du bassin et l’utilisation de supports drainants constituent un plan de sauvetage précis qui peut limiter les dégâts invisibles.

J’espère que mon histoire vous sera utile. Ne faites pas la même erreur que moi. Profitez de votre spa, oui, mais avec une connaissance et un respect des contraintes de votre terrasse.

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