Cette vivace doit se diviser maintenant pour refleurir à temps au printemps.

Michel Duchène
Michel Duchène
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L’automne se révèle être une période essentielle pour l’entretien du jardin, surtout pour les vivaces qui ont besoin d’être divisées. Cette pratique est souvent mise de côté par de nombreux jardiniers, mais elle est cruciale pour obtenir une floraison riche et renouvelée dès l’arrivée des jours ensoleillés du printemps.

Les mois d’octobre et novembre constituent le moment optimal pour effectuer la division, car les plantes commencent leur repos hivernal tout en conservant suffisamment de force pour s’établir avant l’hiver.

La division des plantes vivaces n’est pas simplement une fantaisie, mais une nécessité physiologique. Au fil des années, les souches mères peuvent s’épuiser et leur floraison peut diminuer. Cette technique ancienne permet ainsi de revigorer les plants existants tout en multipliant les massifs de manière économique.

Les raisons de diviser les vivaces en automne

Les conditions de l’automne sont particulièrement propices à la division des vivaces. La baisse des températures aide à diminuer le stress hydrique, tandis que l’humidité ambiante favorise l’enracinement des nouvelles plantations. À ce moment, les vivaces qui viennent de terminer leur cycle de floraison dirigent leur énergie vers leurs racines, stockant des réserves pour affronter l’hiver.

Les hostas, par exemple, deviennent de plus en plus fragiles après 4 à 5 ans. Au fil du temps, leur centre s’épuise ; les feuilles deviennent plus petites et moins nombreuses. Cette dégradation naturelle est un signal qu’il est temps d’agir. La division redonnera de la vigueur à ces plantes et permettra la création de plusieurs nouveaux pieds en bonne santé.

Les pivoines herbacées méritent une attention particulière. Bien qu’elles puissent vivre des décennies, une division tous les 10 à 15 ans stimule leur floraison. L’automne est la seule période favorable pour cette opération, car ces plantes détestent être dérangées durant leur phase de croissance active.

Comment identifier les vivaces à diviser d’urgence

Plusieurs signes permettent de diagnostiquer une vivace qui doit être divisée sans tarder. Le premier indicateur est la diminution de la floraison. Une plante qui était autrefois généreuse en fleurs mais qui ne produit plus que quelques tiges éparses nécessite une attention immédiate.

L’aspect de la touffe fournit un excellent indicateur. Les plants plus âgés montrent souvent un centre dégarni, tandis que la croissance se concentre sur les bords. Ce phénomène, caractérisé par une couronne de végétation entourant un cœur vide, indique que ces plants approchent de la fin de leur cycle de vie.

La taille des feuilles et des tiges est un autre indicateur de l’état des plantes. Des organes de plus petite taille, une coloration moins vive ou un port chétif signalent l’épuisement de la souche mère. Les iris, étant particulièrement vulnérables, voient leurs rhizomes devenir de plus en plus fins au centre de la touffe.

Les espèces prioritaires pour une division automnale

Certaines vivaces tirent particulièrement profit d’une division en automne. Les astilbes, par exemple, forment des touffes denses qui nécessitent une intervention régulière pour rester vigoureuses. Leur système racinaire fibreux se divise aisément avec une bêche, et chaque éclat se remet avec vigueur s’il est replanté avant les premières gelées.

Les hémérocalles sont également des candidates idéales pour cette opération. Ces plantes robustes s’accommodent bien de la division et offrent une floraison plus abondante dès la saison suivante. Leur feuillage persistant facilite de surcroît l’identification des touffes à traiter.

De même, les sedums d’automne, malgré leur floraison tardive, se divisent avantageusement à cette période. Leur structure charnue et leurs racines superficielles simplifient l’opération et assurent un excellent taux de reprise.

Étapes de la division pas à pas

Pour réussir la division, il est indispensable de suivre une méthode précise et de préparer l’opération avec soin. Il est conseillé de getter abondamment la vivace 24 heures avant la division afin de faciliter l’extraction et de réduire le stress sur les racines.

L’outillage requis inclut une bêche aiguisée, un sécateur propre, des gants de jardinage, et éventuellement une fourche-bêche pour les touffes plus volumineuses. Il est également important de désinfecter les outils avec de l’alcool à 70° pour prévenir la transmission de maladies.

Extraction de la souche mère

Lorsque vient le moment de l’extraction, il faut agir avec précaution pour préserver au maximum les racines. Il est conseillé de creuser un cercle d’environ 20 centimètres autour de la touffe, en utilisant la bêche pour couper les racines extérieures. Ensuite, en utilisant un mouvement de levier, on peut soulever la motte entière sans l’endommager.

À ce stade, la souche révélée permet d’évaluer son état interne. Les parties vigoureuses apparaissent fermes et de couleur claire, tandis que les zones dégénérées sont souvent molles et brunâtres. Ces dernières doivent être éliminées afin d’éviter toute propagation de maladies.

La méthode de division

La technique de division dépend du type de racines. Les vivaces à racines fibreuses, comme les astilbes, peuvent être séparées manuellement ou avec deux fourches placées dos à dos, ce qui permet de préserver les racines. Cette méthode est recommandée pour garantir un taux de reprise élevé.

Pour les plantes ayant des rhizomes ou tubercules, il est préférable d’utiliser un couteau bien aiguisé. Chaque segment doit comporter un bourgeon de croissance ainsi qu’un système racinaire développé. Il est aussi conseillé de traiter les coupes avec de la poudre de charbon de bois ou de cannelle pour éviter les infections.

La taille des éclats influence directement leur capacité à se développer. Les divisions trop petites ont des difficultés à s’établir et peuvent ne pas fleurir durant leur première année, tandis que des éclats excessivement gros peuvent également rencontrer des problèmes d’ensoleillement et d’hydratation.

Replantation pour garantir le succès

Une replantation immédiate des divisions est cruciale pour assurer leur réussite. Les racines nues sont vulnérables, et une exposition prolongée au vent et au soleil peut les dessécher. Si une attente est nécessaire, les éclats doivent être temporairement placés dans un mélange de sable humide ou de terreau pour les protéger.

La préparation du sol où les nouvelles plantes seront installées doit être soignée. L’ajout d’un amendement organique sous forme de compost bien décomposé est recommandé pour enrichir le sol. L’ajout de sable dans les terres plus lourdes est également bénéfique pour éviter une mauvaise circulation de l’eau au niveau des racines.

Considérations sur les distances de plantation

Les distances à respecter lors de la replantation doivent prendre en compte l’extension future des plantes. Les hostas nains, par exemple, peuvent être espacés de 30 centimètres, tandis que les variétés géantes nécessitent jusqu’à 80 centimètres d’écart. En envisager à l’avance permet d’optimiser le rendu visuel de l’espace.

En ce qui concerne la profondeur de plantation, il est important d’enterrer les racines jusqu’au collet. Une plantation trop profonde peut favoriser des maladies, notamment chez les pivoines et les iris, tandis qu’une plantation trop superficielle expose les racines aux gelées hivernales.

Soins après division

Les semaines suivant la division sont déterminantes pour la réussite de l’opération. Un arrosage régulier, mais modéré, est essentiel pour maintenir l’humidité, tout en évitant l’asphyxie des racines. En outre, un paillage avec des feuilles mortes ou de la paille peut protéger les nouvelles plantations du froid et conserver l’humidité du sol.

En supprimant les parties aériennes qui sont fanées, on limite l’évapotranspiration et permet à la plante de canaliser son énergie vers l’enracinement. Cette taille doit être réalisée à quelques centimètres du sol, tout en conservant les feuilles vertes qui participent toujours à la photosynthèse.

Il est également judicieux d’appliquer un engrais riche en phosphore pour encourager le développement des racines. Cet élément nutritif favorise l’enracinement et renforce la résistance des jeuness aux températures froides. L’utilisation d’azote doit être évitée, car il tend à favoriser le développement foliaire plutôt que celui des racines.

Préparer la floraison printanière

Les vivaces qui ont été correctement divisées à l’automne offrent une récompense au jardinier sous forme d’une floraison précoce et généreuse dès le printemps suivant. Une telle revitalisation résulte du rajeunissement des tissus et de la stimulation de la croissance apportée par la division.

Les primevères, divisées à l’automne, présentent souvent une floraison exceptionnelle en mars-avril. Un système racinaire robuste engendre des hampes florales plus nombreuses et des fleurs plus grandes, et cette amélioration se maintient pendant plusieurs années avant qu’une nouvelle division ne soit nécessaire.

Enfin, cette opération permet de rectifier des erreurs de plantation précédentes. Les vivaces mal placées ont ainsi l’opportunité de bénéficier d’un nouvel emplacement mieux adapté à leurs besoins. Cette réorganisation contribue également à rehausser l’harmonie visuelle du jardin et à dévoiler le plein potentiel décoratif de chaque espèce.

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