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La consommation d’insectes, connue sous le nom d’entomophagie, est courante dans plusieurs régions comme l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine, intégrant souvent les traditions alimentaires locales. La FAO estime que près de deux milliards de personnes dans le monde incluent les insectes dans leur alimentation. Cette pratique gagne en popularité en Europe, soutenue par divers projets industriels et programmes de recherche. Toutefois, la réglementation actuelle, en pleine évolution, soulève des questions importantes.
Ingestion involontaire d’insectes dans notre alimentation
Selon Marcel Dicke, entomologiste à l’Université de Wageningen, et cité par l’ANSES, nous consommons entre 500 grammes et un kilo d’insectes par an sans le savoir. Ces fragments d’insectes se retrouvent principalement dans les produits à base de farine, le chocolat, les fruits, les jus de fruits et les légumes. Jean-Michel Berenger, entomologiste à l’IHU de Marseille, confirme cette estimation, bien qu’il soit difficile de déterminer la quantité exacte.
Des insectes dans les M&M’S ?
Types d’insectes consommés involontairement
Les insectes que nous ingérons sans le savoir incluent des coléoptères, des acariens, des psoques, des mites alimentaires, de petits papillons et des blattes. Ces insectes, utiles dans la nature, deviennent indésirables lorsqu’ils entrent dans nos maisons et notre alimentation.
Comment les insectes se retrouvent-ils dans notre nourriture ?
Les insectes peuvent se glisser dans notre alimentation de diverses manières. Ils sont souvent présents dans les fruits abîmés utilisés pour les compotes, autour du noyau des cerises, ou dans les céréales comme le riz et les pâtes. Ils peuvent également tomber dans les contenants alimentaires lors de la préparation ou du stockage des aliments.
Normes et réalités de l’industrie agroalimentaire
Malgré des normes d’hygiène strictes, les autorités sanitaires reconnaissent la présence inévitable d’insectes dans les aliments. Le codex alimentaire interdit les insectes entiers vivants dans la farine ou les graines, mais autorise jusqu’à 0,1 % de fragments d’insecte par masse d’échantillon. La FDA américaine a également établi des seuils de tolérance pour les « défauts naturels et inévitables » dans certains aliments.
En résumé, la présence d’insectes dans notre alimentation, bien que souvent invisible et involontaire, est une réalité reconnue par les experts et les autorités sanitaires. Cette ingestion se produit principalement à travers des aliments courants, et malgré les normes strictes, il est difficile d’éliminer complètement ces « invités » de notre alimentation quotidienne.
Risques sanitaires liés à la consommation d’insectes
Les insectes, comme tous les aliments, peuvent présenter des risques sanitaires. Ces dangers sont principalement liés à des substances chimiques (venins, pesticides, polluants), des agents physiques (parties dures de l’insecte), des allergènes communs à tous les arthropodes, et des micro-organismes pathogènes (parasites, virus, bactéries). De plus, les conditions d’élevage et de production des insectes nécessitent un encadrement spécifique pour garantir la sécurité sanitaire.
Les recommandations de l’ANSES
Face à ces incertitudes et au manque de données, l’étude de l’ANSES recommande d’intensifier la recherche sur les dangers potentiels, d’établir des listes d’espèces d’insectes comestibles, d’explorer la question du bien-être animal chez ces invertébrés, et de définir un cadre spécifique pour l’élevage et la production d’insectes. En outre, des mesures de prévention des risques allergiques sont suggérées, tant pour les consommateurs que pour les professionnels.
Enjeux sociétaux et environnementaux
Au-delà des aspects sanitaires et nutritionnels, l’ANSES souligne l’importance de l’acceptabilité sociétale de la consommation d’insectes et des enjeux environnementaux associés. Le développement de cette filière doit prendre en compte ces différents aspects pour assurer une intégration harmonieuse dans nos habitudes alimentaires.
En résumé, la consommation d’insectes, bien que pratiquée à grande échelle dans certaines parties du monde, soulève des questions de sécurité sanitaire et d’acceptabilité en Europe. L’ANSES joue un rôle crucial dans l’évaluation des risques, la formulation de recommandations et la sensibilisation aux enjeux liés à cette pratique alimentaire émergente.







