Une guêpe qui pond ses œufs dans le corps de son hôte a été découverte. Bientôt dans nos jardins ?

Michel Duchène
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Lorsque l’on pense aux guêpes, l’image qui nous vient souvent à l’esprit est celle de ces insectes rayés de noir et de jaune, volant autour de nos pique-niques estivaux. Pourtant, il existe une multitude d’espèces de guêpes, certaines bien moins connues que d’autres. Et parmi elles, les guêpes parasitoïdes tiennent une place à part. Essentielles pour l’écologie, ces petites créatures ont récemment fait l’objet d’une découverte surprenante au Vietnam. Alors, que faut-il savoir sur ces nouvelles espèces ? Et devrions-nous nous inquiéter de les voir un jour dans nos jardins ?

Les guêpes PARASITOÏDES #shorts

Une découverte au cœur des forêts vietnamiennes

L’étude, parue dans le Journal européen de la taxinomie en septembre 2023, nous révèle que des chercheurs de l’université de Kyushu et du Musée national de la nature du Vietnam ont découvert 16 nouvelles espèces de Loboscelidia dans les hauts-plateaux du Vietnam. Ces guêpes, qui appartiennent à la famille des hyménoptères, ont été identifiées pour la première fois il y a 150 ans. Malgré leur longue histoire, leur fonctionnement demeure encore mystérieux. Cette récente découverte augmente de manière significative le nombre d’espèces scientifiquement reconnues, avec une hausse de plus de 30%, soit un total de 67 espèces.

Le comportement de la Loboscelidia squamosa

Chenille enrobée de cocons de larves d'une guêpe parasitoîde.
Chenille enrobée de cocons de larves d’une guêpe parasitoîde.

Parmi ces nouvelles espèces, la Loboscelidia squamosa a particulièrement retenu l’attention des chercheurs. En effet, ils ont observé une femelle de cette espèce détruire un œuf d’insecte pour y déposer le sien. Après avoir accompli cet acte, elle a soigneusement enterré l’œuf parasité dans un trou qu’elle avait creusé. Ce comportement, bien que surprenant, n’est pas unique. D’autres études ont déjà mis en lumière cette caractéristique propre aux femelles guêpes solitaires.

Le rôle écologique des guêpes parasitoïdes

Les guêpes parasitoïdes jouent un rôle essentiel dans la régulation des populations d’insectes nuisibles. En effet, en parasitant d’autres insectes, elles contribuent à maintenir un équilibre dans l’écosystème. Par exemple, certaines espèces de guêpes parasitoïdes ciblent spécifiquement les pucerons, qui peuvent être nuisibles pour les cultures. En pondant leurs œufs à l’intérieur des pucerons, elles permettent de réduire leur nombre, offrant ainsi une forme de lutte biologique contre ces ravageurs. De plus, leur mode de vie unique les rend particulièrement intéressantes pour la recherche scientifique. Leur capacité à manipuler leur hôte, à le paralyser et à s’assurer que leur progéniture puisse se développer à l’intérieur est un phénomène fascinant. Ces interactions complexes entre parasites et hôtes nous rappellent l’incroyable diversité et l’ingéniosité de la vie sur Terre. 

Les guêpes parasitoïdes : petites mais puissantes

Pour imaginer la taille d’une guêpe de la famille Loboscelidia, pensez à une pépite de chocolat dans un gâteau. Mesurant entre 2 et 5 millimètres, ces guêpes sont inoffensives pour l’homme. Toutefois, leur rôle dans l’écosystème est crucial. Elles agissent comme des parasites, pondant leurs œufs dans le corps ou les œufs de leur hôte, finissant par les tuer. Mouches, moustiques, et bien d’autres insectes sont leurs cibles. En paralysant leur hôte, elles garantissent leur propre développement. Et pour couronner le tout, elles peuvent pondre entre 400 et 600 œufs.

Alors, devrions-nous craindre l’arrivée de ces guêpes dans nos jardins ? Pour l’instant, rien ne le suggère. Mais une chose est sûre : la nature ne cessera jamais de nous surprendre avec ses merveilles et ses mystères. Et nous, en tant qu’amoureux de la nature et du jardinage, continuerons à observer, à apprendre et à respecter chaque créature, aussi petite soit-elle. Après tout, chaque espèce a sa place et son rôle à jouer dans l’équilibre de notre écosystème.

L’étude du journal européen de la taxinomie

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