Des fourmis zombies infectées et contrôlées par un champignon, un risque pour l’humain ?

Michel Duchène
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Lorsqu’on parle de zombies, on pense souvent à ces créatures de fiction qui hantent nos écrans. Pourtant, la nature regorge de véritables zombies, et non, ce n’est pas une blague. Ces organismes, sous l’emprise d’autres entités, perdent leur libre arbitre.

Le phénomène des fourmis zombies

L’infection des fourmis par le champignon de type Cordyceps n’est pas nouvelle. En effet, le grand naturaliste Alfred Russel Wallace en parlait déjà en 1859. Imaginez une fourmi charpentière, vaquant à ses occupations dans une forêt tropicale, qui se fait infecter par ce champignon. Environ un mois après cette infection, le champignon prend le contrôle des muscles de la fourmi. Il la force à quitter son nid, à grimper sur une tige de plante, et une fois en hauteur, la fourmi s’accroche à cette tige ou à une feuille. Elle attend ensuite simplement la mort. Le champignon, quant à lui, commence à pousser et sort de la tête de la fourmi pour former le sporophore, la partie visible du champignon. Un spectacle aussi fascinant qu’effrayant.

Ce champignon parasite change les insectes en zombies

Les autres zombies de la nature

Les fourmis ne sont pas les seules victimes. Dans l’est du Canada, des coccinelles peuvent être transformées en zombies par une guêpe, qui pond un œuf dans le corps de la coccinelle et lui transmet un virus qui manipule son cerveau. Les grillons, eux, sont victimes de vers nématomorphes qui les poussent à se jeter dans l’eau. Les crabes, quant à eux, sont parasités par des sacculines qui les rendent infertiles. Enfin, même les rats peuvent être manipulés par le parasite Toxoplasma gondii, les poussant à être attirés par l’odeur des chats, augmentant ainsi les chances d’être mangés par ces félins.

Une infection est-elle possible chez les humains ?

Lorsqu’on évoque le champignon parasite qui affecte les fourmis, une question brûlante nous vient à l’esprit : les humains pourraient-ils être les prochaines victimes ? Pour l’instant, la réponse est rassurante. Le champignon devrait subir une évolution majeure pour pouvoir infecter des animaux à sang chaud comme nous. João Araújo, spécialiste des champignons parasites, estime que des millions d’années de modifications génétiques seraient nécessaires pour que ce champignon puisse vraiment infecter des mammifères. De plus, chaque espèce de champignon parasite est spécifiquement adaptée à un type d’insecte. Par exemple, un cordyceps qui affecte une espèce de fourmi en Thaïlande ne pourrait pas infecter une autre espèce de fourmi en Floride. Le saut d’une espèce à une autre est déjà complexe, alors imaginer un saut vers les humains semble relever de la science-fiction.

Fourmi infectée par un champignon Cordyceps

La menace du changement climatique

Cependant, le changement climatique pourrait changer la donne. En effet, la hausse des températures pourrait favoriser la multiplication des infections fongiques. Notre corps, avec sa température de 37°C, est une barrière naturelle contre de nombreuses infections fongiques. Mais avec le réchauffement climatique, l’écart de température entre notre corps et l’environnement pourrait diminuer, rendant plus facile pour certains champignons d’infecter notre organisme.

Un exemple inquiétant est celui du champignon Candida auris. Apparu soudainement en 2007, il a été découvert presque simultanément sur trois continents différents en 2011 et 2012. Ce champignon, qui peut provoquer des infections graves, semble avoir profité de la hausse des températures pour évoluer et s’adapter à des environnements plus chauds. Bien que les personnes ayant un bon système immunitaire puissent généralement l’éliminer, le taux de mortalité chez les patients infectés peut atteindre 30 à 60%.

En observant ces phénomènes, on réalise à quel point la nature est complexe et surprenante. Ces interactions entre parasites et hôtes nous rappellent l’importance de la recherche et de la compréhension de notre environnement. Et même si le risque pour l’homme semble minime, il est essentiel de rester curieux et ouvert à l’apprentissage.

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