Rénovation solidaire : ça s’est passé à Janzé

Rénovation solidaire : ça s’est passé à Janzé

Mercredi 23 décembre à Janzé (35) : L’association « Ca se passe près de chez vous » remet les clés de sa maison à Jacqueline, après l’avoir rénové durant toute une semaine. Retour sur cette dernière journée de travaux jusqu’à la restitution de la maison à sa propriétaire.

« On n’aura jamais fini pour 16 h« . Seize heures… L’heure fatidique pour les bénévoles de l’association « Ça se passe près de chez vous ». Ils doivent rendre les clés de la maison qu’ils rénovent à Jacqueline, propriétaire d’un logement insalubre dans le centre Janzé. Depuis sept jours complets, dont deux nuits blanches pour certains, les bénévoles s’attèlent à lui installer le chauffage, remplacer fenêtres et portes et isoler l’ensemble de la maison. Et bien que ces travaux soient déjà réalisés depuis deux jours, effervescence et inquiétude habitent ces lieux. « On n’aura jamais fini pour 16 h » ne cessent de répéter les bénévoles depuis le début de la matinée.

Mercredi 23 décembre. Dernier jour des travaux. Telle une fourmilière, les petites mains s’activent pour aménager la maison de Jacqueline et de ses deux enfants. Peinture, revêtement de sol, électricité, ameublement, déco, etc. tout y passe, même si cela n’était pas prévu au programme. « On s’énerve et on se presse pour finir les travaux, mais ça n’est que du bonus » admet Marie-Anne, présidente de l’association, pourtant toujours sur les nerfs. En tant qu’association, notre but était de fournir du chauffage et d’isoler la maison. Maintenant, on aimerait faire plaisir à Jacqueline« .

Des bénévoles de 7 à 77 ans

En fin de matinée, la maison était encore un vaste chantier. Au rez-de-chaussée, une grande pièce à vivre doit faire office de salon et de cuisine. Pour le moment, cette pièce est meublée par des escabeaux, des pots de peinture et des outils de bricolage. Ici, on peint les murs couleur chocolat, on installe l’électricité, on bâtit la cuisine, etc.
Pour participer au chantier, il n’y a pas d’âge, pas de condition. Yolande, 66 ans, est à quatre pattes pour gratter le parquet tâché par le plâtre tandis que Clémence, 11 ans, apporte les ravitaillements préparés par les moins bricoleurs. Et pour tous, « c’est normal » d’être là et de participer à ce chantier solidaire.

À l’étage, dans les chambres de Jacqueline et de son fils cadet, Étienne (12 ans), il faut également peindre les murs et plafonds. Pour cette dernière journée de travaux, la chambre de la maman s’est transformée en atelier de menuiserie pour réaliser les plinthes, la rampe d’escaliers et autres menus travaux de boiseries.
Au deuxième étage, Charles, le fils aîné de 26 ans, contribue à ce qui sera son futur studio. Place aux travaux sanitaires, à l’installation électrique et au montage du lit. Cette pièce aura donné quelques fils à retordre à l’équipe de bénévoles, notamment pour monter les meubles, comme le BZ, à cause des fenêtres étroites de cette ancienne bâtisse.

Remise des clés reportée

Plus la journée avance, plus les bénévoles s’activent. À 16 h, l’heure H, tout le monde est encore au travail. « On reporte l’arrivée de Jacqueline d’une heure et demie » annonce Marie-Anne. En fait, la remise des clés aura un retard d’un peu plus de trois heures. Sans attendre la fin des travaux, la présidente de l’association part chercher Jacqueline sur Rennes. Durant cette semaine de rénovation, elle et ses enfants ont été hébergés gracieusement au Novotel. Son fils Étienne a même eu l’occasion de voir le match Rennes-PSG, et ramené comme souvenir un ballon dédicacé par tous les joueurs.

En l’absence de la présidente, c’est Manu qui gère le chantier. « Un électricien, on a besoin d’un électricien » crie-t-elle depuis l’escalier. Les prises ne sont pas encore encastrées et il manque l’électricité à l’étage. Au rez-de-chaussée, quatre personnes s’attèlent à nettoyer le parquet, dans la mesure du possible. « Quand ils sont là, tout le monde sort ! » lance Manu. La déco est installée, les pièces nettoyées, il ne reste plus qu’à allumer les bougies pour une ambiance tamisée. « Les voilà, allez tout le monde dehors ! »

La solidarité au cœur du foyer

Devant l’entrée, une foule attend « l’invitée de marque ». Dès sa sortie de la voiture, les applaudissements annoncent le début de cette remise de clés. Jacqueline stresse, angoisse. Une fois à l’intérieur, c’est l’émerveillement, la surprise, le soulagement. Étienne a le sourire jusqu’aux oreilles en découvrant le salon avec son poêle à bois et un immense sapin de Noël, offert par un décorateur d’intérieur. Charles, quant à lui, reste attentif à la réaction de sa mère. Il relâchera la pression quelques minutes plus tard, lorsque sa famille aura visité l’ensemble de la maison.
« Je n’ai pas arrêté de penser à vous« , glisse Jacqueline. C’est énorme, je ne sais pas comment vous remercier chacun« . Elle réalise, au fur et à mesure de sa visite, l’ensemble des travaux réalisés. « Je croyais qu’on en verrait jamais le bout… On ne l’aurait jamais vu sans l’aide de l’association« .
Touchée, elle décide d’embrasser les bénévoles un par un. Parmi ceux-ci, elle fait connaissance avec des voisins qu’elle n’avait jamais encore rencontrés. L’un d’entre eux lui propose son aide pour d’éventuels travaux quotidien. Au delà de la rénovation de sa maison, ce qui touche le plus Jacqueline c’est la mobilisation de tant de personnes qui ne la connaissent pas. Au total, une soixantaine de bénévoles aura participé à ce chantier.

C’est d’ailleurs le point fort de l’association, la solidarité des personnes qui donnent de leur temps et du matériel. « Parmi les dons que nous recevons, il y en a même qui proviennent de personnes qui vivent dans de pires conditions, dans un logement sans chauffage et sur de la terre battue. Et ces personnes là n’hésitent pas à donner » s’étonne la présidente de l’association. Mais les dons ne sont pas encore suffisants, l’association lance un appel. « Si je n’ai rien d’ici la semaine prochaine, pour ce chantier, ça sortira de ma poche mais cela veut dire que je devrai annoncer à une autre famille que je renonce à leur chantier« . L’appel est lancé. La période est propice aux élans de solidarité…

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