Plan de travail et crédence : 12 matériaux au banc d’essai

Plan de travail et crédence : 12 matériaux au banc d’essai

Nostrodomus a passé au crible 12 matériaux pour plan de travail ou crédence. Stratifié, bois, granit, quartz, inox, verre, ardoise, etc. Les clés pour comparer et faire le bon choix en fonction des performances recherchées, de vos goûts et de votre budget.

« Le marché français est en retard sur ses voisins européens pour les plans de travail », affirme Frédéric Perret, responsable marketing chez Luisina. Parole de spécialiste, puisque la société vend aux cuisinistes de nombreux types de plans de travail. De fait, le stratifié est historiquement le matériau « chouchou » dans l’Hexagone. Ses atouts : un très bon rapport qualité/prix et de nombreuses possibilités esthétiques. Dans d’autres pays comme l’Espagne et l’Italie, c’est la pierre (granite ou quartz) qui représente 80 % des plans de travail ! Plus résistants, plus durables, ces matériaux sont aussi… nettement plus chers !

La plupart des consommateurs français privilégient les meubles lorsqu’il s’agit de gérer le budget de leur future cuisine. Pourtant, plans de travail et crédence peuvent s’avérer de précieux alliés esthétiques et fonctionnels. « J’ai déjà installé une cuisine où le plan de travail coûtait plus cher que l’ensemble du mobilier et de l’électroménager ! », témoigne un cuisiniste. Des matériaux plus modernes tirent aussi leur épingle du jeu : inox, verre, ardoise ou béton ciré. Quant au carrelage, même s’il est un peu passé de mode, il reste une option économique et permet de nombreux styles différents.

Si l’esthétique est évidemment un paramètre important, des critères plus objectifs sont aussi à prendre en compte. En fonction de vos attentes en matière de performance (résistance aux rayures, à la chaleur, aux taches), de facilité de pose et de budget : Nostrodomus vous donne les clés pour faire le bon choix.

Stratifié : le plus économique

Composé d’un panneau d’aggloméré hydrofuge revêtu d’une (ou deux) face(s) décoratives, c’est le plan de travail le plus fréquent dans nos cuisines. De fait, ce matériau cumule de nombreux atouts. Tout d’abord, son prix est imbattable : à partir de 10 € le m². Ensuite, il offre de très nombreuses possibilités esthétiques : aspect uni, marbré, boisé, dans de multiples coloris. Par ailleurs, son entretien est très facile : un coup d’éponge et hop, c’est propre ! Il possède en outre une très bonne résistance mécanique. Là où le bois massif peut se déformer, le stratifié ne bouge pas. Mais sa résistance aux rayures et aux chocs reste relative, moindre en tout cas que celle de la pierre. Il est déconseillé de couper à même le plan de travail. C’est aussi un matériau qui ne possède pas l’authenticité de matériaux plus naturels.

Bois massif : le plus chaleureux

Chaleureux et naturel, le bois est facile à mettre en œuvre. Selon l’essence choisie, il peut aussi s’avérer une solution peu coûteuse. Côté inconvénients, il n’est pas très résistant, ni aux rayures, ni à la chaleur (se brûle facilement), ni aux taches. Le bois peut aussi donner l’image d’un matériau peu hygiénique (rapport aux normes en vigueur dans la restauration ou l’industrie alimentaire). « Il faut une vraie acceptation du matériau. C’est assez cyclique », note Frédéric Perret de Luisina. Pour diminuer la porosité, il est possible de vernir le bois ou de l’huiler (opération à renouveler au minimum deux fois par an). Au niveau de la qualité, différentes finitions sont disponibles. Le top ? Des plans avec double aboutage, collés en usine et pré-huilés. Les bois exotiques – réputés imputrescibles – sont généralement plus coûteux que les bois européens. Pour en citer quelques-uns : teck, ipé, merbau, iroko, zebrano, etc. Ils sont aussi souvent plus foncés que nos essences locales. Le hêtre, le pin, le bouleau sont pâles. Le chêne, l’érable ou l’orme tirent sur le miel. A voir donc en fonction de la couleur recherchée et du budget. Les prix du bois massif commencent à 30 € le m², jusqu’à plus de150 € pour du haut de gamme.

Quartz : le plus performant

Le terme de quartz désigne de la pierre reconstituée : 93-94 % de quartz, de la résine acrylique et des pigments. C’est un matériau récent, né à la fin des années 80. Il améliore la résistance de la pierre naturelle et permet une régularité dans l’esthétique de surface. Ce type de produit est le champion toutes catégories en termes de résistance : aux chocs, aux rayures, aux tâches, aux produits corrosifs, etc. Il résiste notamment à l’huile, au vin, aux acides et se nettoie très facilement. Autre atout, le quartz permet une multitude d’aspects. Il peut être brillant ou mat, uni, effet marbre ou incrusté (miroir, nacre, verre, métaux, etc.) et disponible dans des coloris très variés, etc. Plusieurs fabricants se partagent le marché : Silestone (le leader), Caesar Stone (le pionnier), Zodiaq (de DuPont), Stone Italia, Santa Margherita, etc. Côté budget, comptez au minimum 300 € le m².

Granit : le plus authentique

Le granit est une roche naturelle magmatique. Très dur, il permet de couper ses aliments à même le plan de travail. Il est aussi très résistant à la chaleur. Pas de question à se poser : on peut poser dessus une casserole bouillante ou un plat sortant directement du four. Le plus facile à entretenir est le granit poli, lisse et brillant. La finition flammée présente volontairement des irrégularités pour un aspect final satiné ou mat. La palette de couleur est large car les granits ont des coloris très différents selon leur provenance (blanc, gris, noir, vert, rose, etc.). Il est conseillé de demander à voir le produit pour éviter les déceptions. Il peut en effet y avoir des irrégularités. Les prix sont un peu supérieurs à ceux du quartz, à partir de 350 € le m².

Corian : le plus high tech

Appartenant à la famille dite des « solid surface », le corian est un matériau créé et produit par le chimiste DuPont. Il consiste en une combinaison de poudre minérale et de résine acrylique. Son gros avantage réside dans la liberté qu’autorise sa mise en œuvre. Le corian peut être coupé, taillé, détouré, poli, sculpté, moulé, thermoformé, collé, etc. On peut ainsi imaginer un ensemble évier/plan de travail monobloc. Le corian convient aussi aux surfaces verticales. Les éventuels joints d’assemblage sont invisibles une fois poncés. Très dur, le corian résiste aux impacts, est non poreux, ne tache pas. En cas de souci, il est très facilement rénovable et réparable. Autre atout : il est disponible en plus de 100 coloris. Côté « moins » : son prix reste élevé (plus de 350 € le m²), son contact au toucher peut déplaire et sa résistance à la chaleur est limitée (180°C).

Inox : le plus tendance

A la mode actuellement, l’inox peut être utilisé en crédence, voire en plan de travail. Il se marie facilement avec différents styles, ne casse pas et résiste à la chaleur. « L’absence de joints fait qu’il n’y a pas de nid à impuretés. En outre, l’inox se pose en une demi-heure sans saleté », argumente Thierry Barbare, gérant de JDB France division crédence (site credence-inox.com). Différents types d’inox sont disponibles. L’inox miroir a un aspect brillant. Il se nettoie au produit à vitres. Mais en plan de travail, il marque facilement (traces de doigts ou marques d’eau) et des rayures risquent d’atténuer plus ou moins rapidement cet aspect brillant. Un inconvénient qui n’existe pas en crédence. L’inox brossé, plus mat, est plus facile d’entretien et vieillira mieux. « La qualité de l’inox est primordiale », insiste Thierry Barbare, dont les produits sont brossés non pas à la meule mais avec un tissu abrasif pour un meilleur confort de nettoyage. Tenir compte aussi de la pureté de l’inox (ferritique, donc non pur, il n’a pas les mêmes propriétés) et de l’épaisseur (autour d’1 mm). « L’inox convient davantage aux crédences, à un bar ou à un îlot central qu’à un plan de travail », souligne Sebastien Bos, responsable des produits cuisine Martin Technologies (site creinox.com). Cette société propose aussi de l’inox doublé aggloméré (avec repli) pour les murs accidentés ou encore de l’aluminium pour l’habillage de meubles (matériau trop tendre pour un usage en plan de travail). Côté prix, comptez par exemple 120-130 €/m² + 10 € par prise de courant sur le site credence-inox. Le particulier peut rentrer en ligne le plan complet de sa cuisine, en positionnant les prises, etc. Lors de l’installation, l’inox doit obligatoirement être relié à la terre pour éviter tout risque électrique.

Verre : le plus brillant

« Une crédence en verre est esthétique et se nettoie facilement, avec un chiffon à vitres. On peut faire toutes les couleurs que l’on souhaite. Elle ne présente pas de joint comme le carrelage et permet le perçage de trous pour les prises », résume Adel Benlabidi, gérant de Marseille Vitrerie Intervention (site credence-verre.com). En moyenne, il faut compter 300 € le m² posé auxquels il faut ajouter 20 à 30 € par trou de prise et 50 € pour une encoche (typiquement au niveau de la hotte). Le collage se fait par silicone.

Selon le procédé de fabrication, le niveau de qualité (et le prix) sera différent. Le plus souvent, le verre est dépoli d’un côté et laqué de l’autre. Parfois, il est trempé et émaillé à l’arrière. « L’émaillage et la cuisson à 630°C assure une meilleure résistance de la couleur que si c’est seulement peint », explique Frédéric Perret, responsable marketing chez Luisina. Le verre peut aussi être acidé sur le dessus pour un effet mat. Autre facteur à prendre en compte : l’épaisseur. Comptez 6 mm pour une crédence et 12 mm pour un plan de travail. Pour ceux qui voudraient du verre non coloré, il est à noter que la couleur naturelle du produit donne un effet… vert. Pour obtenir un aspect blanc, il faut miser sur des produits spécifiques (opti-white chez Luisina par exemple). 100 % non poreux, le verre est une solution résistante aux taches, simple à nettoyer et hygiénique. Côté inconvénients, la résistance aux chocs, à la chaleur et aux rayures reste relative. Ces soucis se posent moins en crédence qu’en plan de travail.

Carrelage : le plus rustique

Le carrelage a été largement utilisé pour les plans de travail et les crédences, même s’il est un peu moins à la mode aujourd’hui. Il offre de nombreuses possibilités esthétiques : mosaïques, frises, baguettes, carreaux décoratifs, couleurs variées. Le résultat est résistant aux taches, aux chocs, aux produits d’entretien, etc. C’est aussi une des options les plus économiques. Pour du grès / grès cérame (plus résistant que la faïence), les prix démarrent autour de 15 € le m², hors pose et prix du plan de travail à carreler. Le principal inconvénient du carrelage est surtout perceptible en version plan de travail. Les joints se révèlent difficiles d’entretien et délicats à nettoyer, donc pas des plus hygiéniques. Une astuce consiste à minimiser la largeur des joints pour limiter le problème.

Pour ceux qui ne supportent plus le carrelage vieillot qui équipe leur cuisine, plusieurs options : tout casser et mettre autre chose, recouvrir le carrelage par autre chose (par exemple une crédence en inox ou du béton ciré) ou tenter de le peindre. Mais dans ce dernier cas, le résultat peut être décevant et le prix plus élevé que prévu. Une méthode consiste à bien dégraisser et nettoyer le carrelage, le dépolir à la ponçeuse, appliquer un primaire d’accrochage puis une couche de peinture pour le sol (plus chère mais plus résistante à l’écaillage).

Ardoise : la plus sensuelle

Chaleureuse, naturelle, l’ardoise existe en plusieurs finitions : naturelle donc irrégulière ou polie pour un effet lisse. Elle est principalement noire, grise ou verte (voire multicolore). Esthétique, elle présente néanmoins plusieurs contraintes. Tout d’abord, elle est fragile et peut s’écailler sous un choc. Elle se raye et se tâche aussi facilement. Il faut impérativement passer régulièrement un produit pour l’entretenir. Autre inconvénient : son prix reste élevé. Comptez au moins 300 €/m² pour une belle qualité d’ardoise.

Béton ciré (plan de travail) : le plus moderne

En vogue pour les sols, le béton ciré peut aussi être appliqué sur des plans de travail type plans à carreler. Côté réalisation, il est possible de couler soi-même le béton dans un coffrage préalable. Sachez toutefois qu’il y a plusieurs étapes à respecter et que cela nécessite un certain coup de main. Certaines sociétés comme SN Production (site europebeton.com) proposent des kits spécifiques. Celui de SN Productions contient ainsi un top-quarz à la couleur choisie, un top-résine, un top-tech et une couche de finition (top-dur). Le prix est fonction de la surface à couvrir. Comptez 170 € HT pour une surface de 3 à 4 m², 330 € pour 7 à 10 m².

Marbre : le plus sensible

Le marbre est une roche naturelle provenant de la cristallisation de sédiments calcaires. La variété de veinages et de couleurs (grâce à des pigments type oxyde de métaux) est très large. Plutôt utilisé dans les salles de bains, il peut dans certains cas être utilisé en cuisine. Il nécessite alors l’emploi de produits adaptés (anti-tache et hydrofuge) pour faciliter l’entretien. A noter aussi que la résistance du marbre est aussi beaucoup plus faible que celle du quartz ou du granit (aux chocs, à l’eau, etc.).

Zinc : le plus insolite

Très « fashion » sur les toitures, le zinc peut dans certains cas être utilisé en cuisine. Mais attention : c’est un matériau non alimentaire. Pas question de couper ses légumes dessus ! Il est aussi fragile : sensible aux rayures, à l’oxydation, etc. Certaines sociétés sont spécialisées. Côté prix, comptez « 1 000 à 1 500 euros au total pour une cuisine standard », indique Didier Desloyal, du site creation-autour-du-zinc.com.

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