Opus Rouge à quelques jours du feu vert

Opus Rouge à quelques jours du feu vert

Opus Rouge ouvre ses portes lundi 5 décembre, dans le 11e arrondissement de Paris. Anne-Valérie Rocourt, sa fondatrice, nous fait visiter ce lieu pensé sur-mesure pour accueillir son école de décoration et d’architecture intérieure.

Ne pas se fier aux portes bleues à l’entrée de l’école, 90 rue de la Folie Méricourt (Paris 11e). Opus Rouge porte bien son nom. Du blanc. Du rouge. Aucune autre couleur n’habille ce lieu qui bientôt sera la nouvelle école de formation en décoration et architecture d’intérieure d’Anne-Valérie Rocourt. Pourquoi « Opus Rouge » ? « J’ai toujours un accessoire de cette couleur sur moi, donc c’était une évidence qu’il y ait du rouge ici, même si j’avais décidé de créer un restaurant ! Opus signifie création, œuvre en latin, ce qui collait bien à l’esprit du lieu. Et puis, les deux mots s’accordent bien visuellement », détaille-t-elle.

La porte s’ouvre sur la première salle de formation, lumineuse, dédiée à l’architecture et la décoration d’intérieure. Ce jour-là, c’est J-6 avant l’ouverture. Le chantier de 150 m², qui a débuté il y a cinq semaines, est bien avancé mais il reste du pain sur la planche. Deux ouvriers s’affairent aux gros travaux. Ça sent la peinture fraîche, blanche, qui recouvre les murs. En s’enfonçant dans le loft, une autre salle, plus petite, se découvre. Difficile de s’imaginer, à voir l’unique établi qui peuple la pièce, que bientôt s’y dérouleront les cours de couleurs et de créativité.

Anne-Valérie Rocourt, accompagnée de deux formatrices, s’affaire autour d’un comptoir rouge, dont il faut revoir les dimensions, dans la troisième pièce. Cette salle abritera une matériauthèque et une bibliothèque, dessinées par la formatrice architecte d’intérieure Nathalie Broche. A gauche, une pièce cosy, la cuisine, dévoile la future entrée de l’école. Les trois pros de la déco ont le souci du détail : un lino rouge, style tapis des marches comme au Festival de Cannes, mène aux toilettes, à l’arrière. Seule touche verte, dans le couloir : un Monstera, plante imposante aux grandes feuilles. Un héritage de l’ancien propriétaire, architecte.

Une série de signes

Anne-Valérie Rocourt a l’œil qui pétille en parcourant le lieu du regard. Elle ne pensait pas prendre autant de temps pour le trouver : « Je ne voulais pas d’un endroit sans âme avec un plafond en polystyrène et une moquette bouclette. J’en ai visité une trentaine avant de tomber sur celui-là. »

Lumineux, dans un esprit « atelier », le lieu immédiatement a séduit la grande brune. D’autant plus qu’elle porte une attention particulière aux signes : le voisin, qui tient un atelier de cuisine, se trouve être, par pur hasard, un ami perdu de vue d’Anne-Valérie. Deuxième signe qui ne trompe pas : l’ancien propriétaire a fait venir une experte en Feng Shui pour « nettoyer » les bureaux. Or, cette experte n’est autre que la future formatrice en Feng Shui d’Opus Rouge, Laurence Dujardin.

Une fois le lieu idéal dégoté, comment se démarquer d’autres écoles du même style qui poussent comme des champignons dans Paris ? « Il y a pas mal d’ateliers plus orientés sur le loisir créatif, le bricolage, la patine… Opus Rouge veut sortir de l’amateurisme des ateliers. Nos valeurs sont : excellence, plaisir, créativité. En plus, il existe très peu de formations pour des femmes qui ont déjà une carrière derrière elles. J’ai créé l’école idéale que j’aurais voulu trouver quand j’en cherchais une, pour ma reconversion professionnelle. » La cible n’est pas des étudiants post-bac, mais plutôt un public entre 30 et 50 ans, qui vient dans le cadre d’une formation professionnelle, ou seulement avec un projet personnel.

Corinne Caradec, la formatrice en décoration d’intérieure, développe : « Une femme enceinte qui veut aménager la future chambre de son bébé, un couple qui a hérité des meubles des grands-parents mais qui ne sait pas vraiment quoi en faire… Les exercices se font en fonction des thématiques de chacun. Ce ne sont pas des cours magistraux. » C’est ainsi que les séances de formation sont menées avec des groupes d’au maximum douze personnes. Anne-Valérie Rocourt a également démarché des grandes entreprises spécialisées dans la décoration, demandeuses de ce genre de stage pour former leurs vendeurs.

Un lieu de vie

A en croire Anne-Valérie Rocourt, le 90 rue de la Folie Méricourt suffit en lui-même à se démarquer des autres écoles. Le lieu sera riche en ressources, avec des matériaux innovants et des livres un peu partout. « Les gens ont besoin de concret, de visuels, de photos », justifie-t-elle. Elle souhaite aussi en faire un lieu de vie ouvert le soir pour travailler, bouquiner, discuter autour d’un café. Parfois, des conférences seront organisées et le week-end auront lieu des événements éphémères. Tout cela en marge des quatorze cours différents proposés, du plus généraliste au plus pointu, d’une durée d’une journée à plusieurs mois. Anne-Valérie enregistre déjà des demandes pour la cession de dix jours qui se déroulera en janvier 2012, intitulée « conseils en décoration d’intérieure ».

Mais avant cela, il faut finir le chantier. Amusées, Anne-Valérie, Corinne et Nathalie tentent de faire tenir un futur lampadaire télescopique, courbé, dans les airs. La technique est encore un peu bancale, mais lundi, c’est sûr, le loft sera aménagé comme s’il en avait toujours été ainsi. Les quinze formateurs prendront le relais. « A nous d’être à la hauteur maintenant, comme l’a été jusque-là Anne-Valérie », sourit Corinne Caradec. L’école dévoilera alors tout d’elle, jusqu’à sa mascotte, dont les trois amies gardent la surprise… Allez, un indice : elle est… rouge !

Opus Rouge : un « réel projet de vie » pour Anne-Valérie Rocourt

Décidément, Anne-Valérie Rocourt croit aux signes du destin. Après une carrière de 16 ans dans la finance au sein de la banque BNP Paribas, elle profite, à l’été 2009, d’un plan de départ volontaire pour se lancer dans sa passion. Une véritable opportunité pour elle. Elle rejoint alors l’école Boulle pour une formation en décoration intérieure.

Avec l’idée d’Opus Rouge en tête, elle s’entoure de professionnels du home staging, de l’architecture, de la décoration et du jardin, qu’elle trouve par recommandation et bouche à oreille, pour concrétiser son projet.

Elle ne compte pas en rester là. Elle s’imagine créer d’autres Opus Rouge en province ou à l’étranger. Ou bien d’autres activités autour, comme l’édition de livres, qui l’intéresse également : « Opus Rouge est un réel projet de vie. A partir de là, l’univers des possibles est très grand. »

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