Les salariés de Philips, chassés du site de Dreux, saisissent la justice

Samedi 13 février, les 212 salariés de l’usine Philips de Dreux ont reçu, par lettre recommandée, un courrier leur notifiant de ne plus venir à leur travail, le site étant fermé. Les salariés se sont tout de même rendus sur le site lundi matin et se sont retrouvés bloqués devant l’usine, gardée par des vigiles.

Ce mardi, les salariés en colère se sont à nouveau rassemblés devant les portes closes de l’usine. Après avoir voté la veille en faveur d’une action judiciaire contre la direction (avec assignation en référé), une nouvelle assemblée générale s’est déroulée dans la matinée de mardi, « pour évoquer la journée de demain au tribunal de Chartres« , explique la CGT.

Les salariés, qui assuraient depuis plusieurs mois une gestion sous forme de coopérative pour sauver leur usine, reprochent les « méthodes de cow-boy » utilisées par la direction. La décision du tribunal devrait être connue deux jours au maximum après la date d’audience.

De son côté, les syndicats ont annoncé porter plainte au tribunal de Chartres pour « délit d’entrave« , la direction n’ayant pas laissé entrer les représentants syndicaux sur le site.

Ceux-ci ont reçu le soutien du PS, de la CGT et du NPA, qui ont également réclamé des sanctions. De son côté, le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, rencontrera les syndicats et la direction dans la semaine.

Depuis le mois d’octobre, la direction avait annoncé qu’elle voulait cesser la production sur ce site d’assemblage de téléviseurs à écran plasma. L’usine avait d’ailleurs déjà fait l’objet de 279 licenciements en 2008 et 350 en 2005.

Mais les salariés ne s’attendaient pas à une fermeture si rapide. La direction a réagi en affirmant que « le calendrier était connu de toutes les parties« . Les salariés devraient donc recevoir dans les quinze jours qui suivent leur lettre de licenciement.

Depuis l’annonce de la direction en octobre, seize réunions se sont tenues avec le comité central d’entreprise de Philips France à Suresnes et avec celui de Dreux. La direction affirme par ailleurs mettre en place un plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE), qui lui coûte 100 000 euros par salarié.

Les syndicats contestent la démarche des dirigeants considérant que la négociation de ce PSE n’est pas achevée puisqu’ils ont refusé à l’unanimité de rendre un avis. Pour sa part, la direction estime que « la consultation des instances du personnel est terminée« .

Parmi les propositions avancées, la direction a déjà suggéré dans son courrier adressé aux salariés samedi dernier, la possibilité d’un reclassement en Hongrie, pour 450 euros par mois.

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