Les pianos de cuisson, pour une cuisine haut de gamme

Les pianos de cuisson, pour une cuisine haut de gamme

Appareil trois fois centenaires, le piano de cuisson réinvestit les cuisines depuis une quinzaine d’années. Souvent réservé aux professionnels, il fait néanmoins une percée chez certains particuliers en amenant le cachet des cuisines d’antan. Un intérêt qui suit celui du public pour la maison en général.

Les pianistes ont leur piano, les chefs aussi… Sauf qu’aujourd’hui, il n’est plus besoin d’être un grand cuistot étoilé au Michelin pour avoir son propre piano de cuisson. Depuis une quinzaine d’années, les traditionnels pianos de cuisson que l’on croyait définitivement remisés dans les cuisines de mamie et celles des grands « restos », font un come-back fulgurant. « Le high tech, c’est fini, explique Xavier Dupuy, président et petit-fils du fondateur de La Cornue, l’une des marques emblématiques du piano de cuisson. La maison, la bonne cuisine, la famille… ont bien aidé au renouveau de ces produits ». Bref, la tendance n’est plus aux plats touts prêts et au micro-ondes, mais à un retour à la cuisine traditionnelle et… aux valeurs qui vont avec. « Le piano de cuisson fait appel à deux univers dans l’imaginaire collectif : d’une part celui de la cuisinière à l’ancienne, familial. D’autre part, à celui des restaurants et métiers de bouche », ajoute Xavier Dupuy. C’est peut-être une coïncidence, mais le retour en force des pianos de cuisson correspond à peu près à celui de l’engouement pour la maison en général et la décoration en particulier. « Il y a un recentrage sur la maison refuge », analyse le président de la Cornue. Comme pour la déco, la volonté de recréer un univers « chez soi », sans sortir, explique peut-être le succès des pianos : non seulement on donne un cachet nouveau à la cuisine, mais en plus on utilise les mêmes outils à domicile qu’au restaurant.

Des produits qui se transmettent de génération en génération

Rares sont les pianos qui adoptent un look résolument design. Même si certains fabricants font des efforts de ce côté, les marques emblématiques – Aga, La Cornue, Viking, Falcon… – gardent toujours cette touche rétro qui fait toute la différence avec une cuisinière classique. D’ailleurs, certains fabricants comme Sauter ou Miele qui lancent des produits absolument identiques aux pianos de cuisson en termes de caractéristiques n’utilisent pas cette appellation. Comme si des lignes plus modernes ne convenaient pas à une sorte de label implicitement reconnu. « Le piano de cuisson est un produit de standing, reprend Xavier Dupuy, il dénote un certain art de vivre, un savoir-faire traditionnel ». Pour Aga, par exemple, la fonte dans laquelle sont conçus tous les pianos est la marque de fabrique. C’est de là que viennent d’ailleurs les pianos de cuisson. Il y a 300 ans, une fonderie située dans le Shropshire, en Grande-Bretagne, fabriquait le matériel pour les grands chefs cuisiniers. Quelques siècles plus tard, la fonderie est classée à l’UNESCO, et les pianos, bien que plus petits, collent toujours à cette image d’exigence et de qualité. Ce qui implique des durées de vie beaucoup plus longues que les cuisinières classiques : « nos pianos de cuisson ont une durée de vie de 30 à 50 ans, assure Xavier Dupuy. Parfois ils passent de génération en génération. Rien à voir avec l’électroménager encastrable classique ».

Accessible à partir de 1500 €

Pour être appelée piano de cuisson, une cuisinière doit être équipée de deux fours, de cinq brûleurs performants et sa largeur doit être supérieure à 90 cm. « Il s’agit d’une base, nuance Xavier Dupuy. La plupart des modèles ont également d’autres fonctions : mijotage, grill, etc ». Voire chauffage pour les modèles les plus aboutis ! En effet, même si le piano garde souvent une image traditionnelle d’un point de vue design, niveau technologie, on s’adapte : « nous proposons de plus en plus de plaques à induction sur nos pianos », illustre le président de La Cornue. Chez les autres, toutes les technologies sont adoptées, parfois en même temps, comme le gaz et l’électricité ou le fioul et le bois par exemple.
Côté prix, là aussi, la chute de ces dernières années a contribué à l’engouement pour les pianos de cuisson. Pour 1 500 ou 2 000 €, il est possible d’acquérir une cuisinière ayant toutes les caractéristiques d’un piano, chez Miele, Sauter ou même Brandt, sans en avoir forcément le nom… ni le charme délicieusement rétro. Dans ce cas, ce qui fait la différence, c’est principalement le processus de fabrication, les matériaux et, de ce fait, la durée de vie. Ainsi chez La Cornue, les premiers modèles commencent à 4 000 € jusque… 30 000 € pour les « Professionnels ». A ce prix là, savoir cuisiner est incontestablement un plus.

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