Les idées lumineuses de Carotte Bricole

Les idées lumineuses de Carotte Bricole

Elle s’appelle Carotte Bricole. C’est une « écolo bricolo bidouilleuse » comme elle aime à se définir. Ecolo parce qu’elle récupère de vieux matériaux. Bricolo car elle leur donne une deuxième vie. Bidouilleuse parce qu’elle expose tout ça sur son blog. Rencontre avec cette jeune Nantaise, créatrice de luminaires qui ne veut pas qu’on la rattache à un style ou une mode.
28 novembre 2009 : un samedi de saison. Pluie et vent fouettent le toit d’un ancien hangar industriel du quartier de Chantonay à Nantes. A l’intérieur, une expo-vente dilate les pupilles, endormies par l’obscurité ambiante. « La récup pour moi, c’est un véritable antidépresseur, une lumière dans ma vie », raconte Caroline, l’une des exposantes de cette « Balade de Noël » organisée par des créatrices du quartier (voir encadré). Pas étonnant que celle qui se désigne sur son blog sous le nom de « Carotte Bricole’’ se soit portée sur la récup de luminaires. « Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours été attirée par l’éclairage, »explique naturellement cette « écolo bricolo bidouilleuse », même si elle touche aussi un peu à la sculpture.
La jeune artiste, qui expose aussi sur son blog, a le regard pétillant et le débit rapide des passionnés. Elle ne sait plus où donner de la tête en ce samedi automnal. Les acheteurs se bousculent autour de ses créations, dans le but de dénicher LE cadeau de Noël original. Avec Carotte, ce n’est pas difficile, tant ses objets ne ressemblent à rien de ce qui existe déjà. Elle n’a jamais surfé sur la « vague récup », comme beaucoup de ses confrères/soeurs qui ont commencé à s’intéresser aux vieux objets alors que ça devenait « tendance ».

Comme dans un film de Jeunet

Il suffit de se poser devant ses stands pour s’apercevoir que l’univers de Carotte est une sorte de conte de fée post industriel. Les lampes sont aménagées dans de vieux moulins à café, coulées dans du béton, sculptées sur du bois flottant, ou encore élaborées à partir d’anciennes palettes… On y trouve également des sculptures complètement déjantées confectionnées à partir d’objets qui auraient fini depuis bien longtemps dans une décharge.

« Je baigne dans la récup depuis toute petite. Avec mon père, nous allions à la décharge près du port de Nantes et nous récupérions de la ferraille, pour en faire des objets, »confie-t-elle avec un soupçon de nostalgie. Rajoutez à cela une maman artiste peintre et vous obtiendrez une Carotte Bricole dont le monde ressemble à un film de Jean-Pierre Jeunet.
Ses matériaux, elle les trouve par hasard, au détour d’une cave ou d’un grenier. « Je ne vais jamais en brocante, mais je fais parfois les encombrants, Emmaüs ou encore le Secours Populaire« , concède-t-elle.
Même dans le processus créatif, tout lui vient spontanément, sans chercher à ressembler à quoi que ce soit. « Je fais ce qui me plait. Quand je rentre dans ma cave, je ne sais pas avec quoi je vais ressortir. Je laisse libre cours à mon imagination sans chercher à coller à un style ou une mode, » assure-t-elle.

Carotte la bidouille

Pas tout à fait vrai finalement. Puisque la jeune maman a succombé à la mode du… blog. « J’avoue qu’au début j’étais sceptique, affirme-t-elle, c’est une copine qui m’a convaincue de m’y mettre en mai dernier ». Et depuis ? « ça a été une belle tribune pour mes créations… J’ai vendu beaucoup plus grâce à Internet, notamment à des gens qui me passaient commande pour remettre au goût du jour de vieux objets de famille ». Mais pas seulement… « Effectivement, la presse est tombée sur mon blog et j’ai fait l’objet de reportages dans 20 minutes, C Deco et même 100 % Mag sur M6 », glisse la jeune femme avec un soupçon de fierté. Il faut dire qu’elle y passe du temps sur la toile. « C’est bien plus long que de créer mes lampes, lance-t-elle, il faut écrire les textes, bidouiller les photos, mettre en page… «  En tous cas, ça marche ! Pour preuve, le blog de notre bricoleuse de Carotte a été élu « blog du mois » par le magazine Marie-Claire Maison.
Evidemment, si ça fonctionne aussi bien, c’est surtout grâce à la qualité du travail fourni par Carotte. « Disons que le mot travail n’est pas forcément le plus adapté. Je travaille à 3/4 temps dans le prêt à porter, le reste du temps, je le voue à cette passion et à mon blog. Ça fait partie de moi ».

« J’m’en fish ! »

D’ailleurs, si Carotte n’a pas de style défini, il est un matériau qu’elle aime particulièrement manier, ce sont les mots. « Plutôt les jeux de mots », rigole-t-elle. Effectivement, sur beaucoup de ses œuvres, des jeux de mots humoristiques amènent un grain de folie : « Couds-ci Couds-ça », « J’m’en fish »… Une cliente s’amuse d’un « fish’tre ». On a l’impression en la regardant, que Caroline a toujours une idée lumineuse derrière la tête. Lors de la « balade de Noël », elle vendait par exemple des kits de lampe à faire soi-même : « Kit à faire une lampe, autant Kelle soit en Karton », peut-on lire sur le sac en papier. Du Karotte tout Kraché !

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