Le boom des robots aspirateurs

Le boom des robots aspirateurs

Le robot aspirateur fait de plus en plus d’adeptes, dans un marché en pleine expansion. Les prémices d’une réelle démocratisation ?

130 000. C’est le nombre de robots aspirateurs vendus en France en 2011. Des ventes qui ont doublé par rapport à l’année précédente. L’engouement s’étend désormais au-delà des early adopters, ces personnes qui achètent dès leur sortie les produits technologiques mis sur le marché, comme les tablettes ou les smartphones. Ces early adopters sont deux fois plus équipés en robots aspirateurs que la moyenne, selon le Gifam (Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils électroménagers). « Désormais, d’autres profils de consommateurs émergent, comme les propriétaires d’animaux domestiques », assure Ramuntcho Etcheverry, membre du Gifam. Plus besoin, en effet, de perdre son temps à passer l’aspirateur tous les jours pour enlever les poils de chien, quand un robot le fait pour vous.

Selon les fabricants et distributeurs, la cible est large : « Du working boy célibataire, la trentaine, à la personne âgée, en passant par la mère au foyer, tout le monde est intéressé par ce type de produit », développe-t-on chez Robopolis, le distributeur des robots iRobot en France.

Il faut dire que la technologie a évolué depuis le lancement du premier modèle Roomba d’iRobot, en 2002. Exit l’appareil qui se tape la coque contre les murs. Plus fiable, plus design, le robot aspirateur est devenu tendance. En témoigne les chiffres d’iRobot : la marque a réalisé 25 M € de chiffre d’affaires en 2010 et occupe plus de 50 % du marché du robot aspirateur.

Le secteur des robots aspirateur en plein expansion

Ce nouveau secteur suscite naturellement la convoitise de nouveaux intervenants. Comme Gary Dauman et Salem Ghezaili, deux amis qui ont lancé leurs propres robots aspirateurs sous la marque E-Zicom, en 2009 : « On entendait de plus en plus parler de Robopolis et d’iRobot. On sentait que quelque chose était en train de se passer côté robotique. » Après avoir participé au projet des lapins high tech Nabaztag, les deux geeks se lancent dans l’aventure, avec chacun 200 € en poche. Leur différence se joue sur le plan marketing : « On donne des noms à nos robots, et non pas des chiffres comme chez iRobot », explique Gary Dauman. Ainsi naissent Sénior, Furtive, Vac100 et Revolution. Le duo a flairé juste : « Du gars de 18 ans jusqu’à mon arrière-grand-mère, tout le monde trouvait un intérêt dans cette automatisation de la corvée. » Les ventes d’E-Zicom ont augmenté de 350 % entre 2010 et 2011, soit 6 500 unités vendues et un million d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Si E-Zicom occupe 5 % du marché actuellement, les associés ont de fortes ambitions pour 2012 : tripler le chiffre d’affaires et s’octroyer 10 % de parts de marché.

Gary Dauman parle de véritable « démocratisation » des robots aspirateurs. Les prix sont en effet de plus en plus attractifs : le prix moyen est de 350 €, pour des appareils allant de 250 € à 700 €. L’offre s’est considérablement développée dans la grande distribution, ce qui a amené le chiffre d’affaires du secteur à doubler, lui aussi, en 2011, à hauteur de 45 M €. « Le risque, avec les premiers prix, prévient Ramuntcho Etcheverry, du Gifam, c’est que toute la catégorie des robots aspirateurs en pâtisse, si les résultats sont déceptifs en termes d’ergonomie ou d’usage. »

Cet enthousiasme pour le robot aspirateur est-il parti pour durer ? « C’est difficile à dire, poursuit Ramuntcho Etcheverry. Il y a une attente du côté des consommateurs. Cela dépendra de la capacité des fabricants à continuer à innover, au niveau de l’autonomie par exemple. Ou de la qualité d’aspiration, qui est bonne sur les surfaces lisses, mais qui reste moyenne sur les moquettes épaisses. » Mais il n’est pas évident de faire évoluer un robot aspirateur, à en croire Robopolis, où l’on estime que diminuer le bruit, principal reproche fait aux robots aspirateurs, influerait négativement sur les performances de l’appareil. Il ne faut pas non plus oublier que le robot aspirateur reste un appareil d’appoint : il ne traite ni les plinthes ni les angles. Quid d’un robot carré ? « Les études montrent que l’appareil fonctionne mieux avec des brosses latérales qui tournent », tranche Alix Déchelette, chargée de communication pour Robopolis.

Le terrain semble désormais se déplacer sur d’autres robots pour la maison : robots tondeuses, pour la piscine… Des nouveautés débarqueront en mars, comme le premier robot laveur de vitres au monde, développé par E-Zicom. Parallèlement, iRobot lancera un mini Scooba pour nettoyer les petites zones comme les toilettes ou la salle de bains, sept ans après le grand robot serpillère Scooba.

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