Kokoon : La maison en bois à 100.000 euros sur les rails

Kokoon : La maison en bois à 100.000 euros sur les rails

15 à 30%. C’est le surcoût généralement observé pour la construction d’une maison « écologique ». Pourtant, deux industriels vosgiens relèvent le défi : construire une maison en bois de 100 m² à 100.000 euros. En attendant la livraison officielle de leur maison témoin en avril 2010, présentation de la maison Kokoon.

C’est aujourd’hui une évidence : le bâtiment fait partie des plus grosses sources d’émission de dioxyde de carbone. D’après le Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique (CITEPA), “en 2006, ce secteur est responsable de 23 % des émissions totales de CO2 en France, ce qui en fait la troisième source d’émission derrière les transports (34 %) et l’industrie manufacturière (24 %)”. On comprend mieux pourquoi les très écolos Scandinaves et Allemands privilégient depuis longtemps des constructions à la fois écologiques dans la conception, et performantes en termes d’isolation. C’est précisément dans ces contrées que le vosgien Eric Perbos-Brinck et son comparse Pierre Buray ont trouvé l’inspiration pour concevoir leur modèle de maison en bois, avec la société “Kokoon”, filiale du groupe Gico, constructeur de chalets. “Je suis suédois par ma mère,” précise même Eric Perbos-Brinck. A partir de 100.000 euros, hors terrain, avec Pass Foncier, pour une surface de 100 mètres carré, le directeur de l’entreprise semble persuadé de la réussite de son modèle dans l’Hexagone. Car les Français “se convertissent, selon lui, peu à peu à l’écologie dans la maison”. S’il y parvient, voilà un exemple qui devrait prendre à rebrousse poil l’idée selon laquelle la maison verte, et a fortiori le matériau bois, serait un gouffre financier. Et le directeur de préciser d’entrée de jeu : “Il n’est pas question de lésiner sur la qualité. Cette maison n’est pas un kit à assembler mais bien un logement clé en main”.

Approvisionnement ultra-local

Pour en arriver là, il aura fallu tout de même trouver un modèle économique particulièrement efficace et grignoter sur les dépenses “superflues”. Au point de départ de l’initiative : la volonté de certaines collectivités des Vosges de construire des écoquartiers en bois. Dans cette région montagneuse proche de l’Allemagne, les chalets sont légions et les vastes forêts ont attiré nombre d’industriels du bois. “L’axe entre Remiremont et Gérardmer est surnommé la ’vallée du bois’ où s’y concentrent des centaines d’usines de bois, de scieries, de menuiseries, explique Eric Perbos-Brinck. Nous y avons acheté le bois en gros volumes auprès de fournisseurs exclusifs du secteur afin de diminuer les coûts”. La préfabrication en atelier a fait le reste.
Sur le plan de la construction, Kokoon mise sur l’optimisation de la surface : un maximum de volume habitable avec un minimum de surfaces de parois et le choix de matériaux communs à l’ensemble des constructions.

Consommation théorique en attendant le prototype

Côté performance, cette maison se définit comme “passive”… même si les projections dépassent légèrement la norme en vigueur de 50 kWh/m2.an, fixée par le label BBC Effinergie. “Le prototype que nous mettons au point devrait consommer environ 60 kWh/m2.an”, annonce le directeur. “Devrait”, car aucune maison Kokoon n’est encore sortie de terre pour le moment. “Les calculs sont effectués via des logiciels très performants, développés par des cabinets d’études thermiques. Les performances seront très abouties”, assure Eric Perbos-Brinck. Pour mesurer réellement les performances de ce bâtiment d’un nouveau genre en France, il faudra patienter jusque avril 2010, avec une maison témoin à Contrexéville.
La société annonce une facture globale d’environ 275 euros par an pour le fonctionnement de cette maison de 100 m². Soit cinq fois moins qu’une maison classique. Plusieurs raisons expliquent ce tarif selon Eric Perbos-Brinck : “la maison Kokoon est passive, elle se chauffe en emmagasinant l’énergie du rayonnement solaire de la journée et la chaleur humaine de ses occupants, récupérée et redistribuée grâce à un système de ventilation double flux”.

Cible : les trois quarts du territoire

Pour afficher ces performances, la maison cumule les équipements “écolos” : chauffage solaire, ventilation à double flux, chaudière d’appoint à condensation, chauffe-eau solaire individuel et système de récupération des eaux de pluie.
Côté design, la maison Kokoon se décline en deux lignes, très influencées par le style nordique : Black Edition et Natür Edition. La première, comme son nom l’indique, utilise du bois plutôt foncé, tandis que l’autre privilégie la clarté. Chacune de ces maisons est déclinable en modèle “Handi”, accessible aux personnes handicapées.
Toutefois, tous les Français ne pourront pas s’offrir une maison Kokoon… “Dans le Sud, il fait trop chaud pour une maison passive, analyse Eric Brinck, la problématique est alors de rafraîchir, pas de réchauffer !” Kokoon a donc choisi d’implanter ses maisons au nord d’une ligne Bordeaux/Lyon, soit “les trois quarts du territoire”. Et pour ceux qui trouveraient que la maison en bois est trop “typée” et ne s’insère pas suffisamment dans l’architecture locale, Kokoon propose également de recouvrir le bois par du… crépi.

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