Home staging : « l’anti déco » pour mieux vendre

Home staging : « l’anti déco » pour mieux vendre

Beaucoup ont découvert le concept avec l’émission de M6 « Maison à vendre ». Le home staging consiste à dépersonnaliser et valoriser un bien immobilier pour qu’il se vende plus facilement. Gaëlle Morin, responsable de l’agence Aveo de Rennes, répond aux questions de Nostrodomus.

En quoi consiste exactement le home staging ?

Lorsque quelqu’un vend sa voiture, il trouve évident de la nettoyer, d’enlever les petites égratignures, etc. J’explique souvent que le home staging, c’est la même démarche pour un bien immobilier. Le home staging est né aux Etats-Unis en 1972. Aujourd’hui, 91 % des biens vendus là-bas passent entre les mains d’un home stager ! La technique consiste à rendre le bien le plus neutre possible, pour plaire au plus grand nombre. Cela passe par le désencombrement des pièces, le rangement, le nettoyage, les petites réparations, la dépersonnalisation de la décoration, etc.

En France, c’est une émission de M6 qui a mis un coup de projecteur sur ce nouveau métier…

Les personnes que je rencontre font très souvent référence à « Maison à vendre ». Mais l’émission n’emploie jamais le terme home staging car elle va beaucoup plus loin, en cassant des cloisons par exemple. Or, cela n’est pas dans les attributions d’un home stager. Il faut pour cela un diplôme spécifique, type architecte. En outre, quand l’émission indique le prix des « travaux », de l’ordre de 2 % du prix du bien, cela n’inclut pas la main d’œuvre. Et elle est souvent considérable !

Justement, combien coûte une prestation de home staging ?

Dans mon cas, pour un audit et des conseils, cela commence à 250 euros. Une prestation plus complète, avec désencombrement, peinture, prêt de décoration, etc. ne dépasse jamais 1 ou 2 % du prix de vente. Cela assure le vendeur de pouvoir récupérer la somme par une négociation moins forte. Mais attention, il faut bien sûr avant tout que le bien soit proposé à un prix juste. Une société sérieuse de home staging ne prétend pas qu’elle vous fera gagner de l’argent, mais qu’elle vous en fera moins perdre.

Quelle est la différence entre home staging et décoration ?

C’est quasiment le contraire ! L’objectif est qu’un maximum d’acheteurs, jeunes ou vieux, puissent se projeter dans la maison ou l’appartement. Si une prestation de home staging peut comprendre quelques accessoires de déco, cela doit toujours avoir une utilité en rapport avec la vente : éclaircir une zone sombre, mettre des plaids sur des canapés trop stylés, etc. Un décorateur aura tendance à rajouter de beaux rideaux aux fenêtres. Un home stager les enlèvera pour laisser entrer la lumière naturelle. Le premier intervient sur un bien nouvellement emménagé, le second sur un bien à vendre.

Quelle est le profil-type des clients ?

Pour le moment, ce sont essentiellement les agences immobilières qui font appel à nous, pour valoriser des biens qui n’arrivent pas à trouver d’acquéreur. Cela leur permet d’offrir un nouveau service à leurs clients, même si au final c’est généralement ce dernier qui paye. L’âge des clients va de 30 ans à beaucoup plus. En moyenne, il s’agit de gens de 40 à 50 ans. Ils vont acheter leur deuxième ou troisième maison mais ont déjà eu le temps d’entasser beaucoup de choses ! En outre, ils n’ont pas forcément beaucoup de temps.

Concrètement, en quoi consiste votre action ?

La plus fréquente est certainement le désencombrement des pièces. Je ne garde que les meubles nécessaires, parfois en les déplaçant. L’objectif est d’agrandir visuellement la pièce et de lui donner un sens de circulation. Les collections envahissantes ou la série de portraits de famille vont rejoindre les cartons. Le métier comprend également du nettoyage. Faire les carreaux rend tout de suite une pièce plus lumineuse. Côté décoration, il faut changer certains éléments qui peuvent freiner la vente : des couleurs trop vives, des papiers peints passés ou décollés. J’adopte des couleurs plus neutres comme le blanc ou le beige. Enfin, je vais réparer tous les petits détails qui peuvent ne pas inspirer confiance : le cache-prise qui manque, les tâches d’humidité liées à un dégât des eaux anciens mais qui laissent croire que le problème n’est toujours pas réglé… Je fais aussi la chasse aux « cache-misère », comme un tapis qui masque une moquette râpée. L’idée n’est pas de tromper l’acheteur. Contre une caution, je prête certains accessoires de déco : lampes, tableaux, etc. Mais on travaille au maximum avec ce que les gens ont déjà. Dans le cas d’appartements vides, il arrive aussi qu’on loue du mobilier en carton. Cela permet aux visiteurs de mieux visualiser l’espace.

Ne peut-on pas faire tout cela tout seul ?

Le home stager apporte un regard neuf et du recul. A force d’habiter dans un lieu, les gens finissent par ne plus voir les défauts. L’efficacité du home staging est prouvée. Au Canada, où on a davantage de recul, 93 % des biens ayant fait l’objet d’une prestation de home staging ont été vendus en un mois ou moins. On constate aussi qu’une prestation complète est plus efficace qu’un audit avec des conseils : les clients ont alors tendance à n’en suivre que la moitié ! Après une prestation de home staging, il suffit souvent d’un mois ou un mois et demi pour que le bien trouve preneur. Dans le contexte de crise immobilière actuelle, c’est vraiment un atout.

Quelle est votre formation ?

Je viens de l’immobilier. A force de visiter des biens, on voit beaucoup de choses et c’est ce qui m’a donné l’idée de me lancer dans le home staging. Je souhaitais être formée et accompagnée dans ma démarche. J’ai donc choisi d’intégrer le 1er réseau français de home staging : Aveo, qui compte aujourd’hui 22 agences. Comme ce métier est tout nouveau et pas réglementé, il ne faut pas hésiter à demander au home stager comment il s’est formé, de préférence auprès d’une société française car c’est plus facilement contrôlable.

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