Qui sont les Français qui bricolent ?

Enquête
  • rédigé par Fanny Rousselin-Rousvoal

  • publié le 13 novembre 2008 dernière modification depuis plus de 9 ans Vue 6098 fois
En 2007, l’étude BricoScan avait passé au crible le profil et les motivations des Français qui engageaient des travaux. Les données restent d’actualité et pleines d’enseignements…

Benoît et Sophie viennent de changer le papier peint dans la chambre de leur futur bout’chou. Daniel a fait poser du double vitrage. Clémentine a repeint son salon. Comme eux, un ménage français sur deux a initié des travaux durant les douze derniers mois ! L’étude BricoScan Travaux & Projets publiée en 2007 par Développement Construction, met en évidence l’engouement des Français pour le bricolage et la maîtrise d’ouvrage. Un phénomène qui se concrétise notamment par le chiffre d’affaires colossal réalisé par les grandes surfaces de bricolage : plus de 12 milliards d’euros hors taxes ! Même les distributeurs du commerce de gros réalisent une part importante de leur activité avec les particuliers. 28 % des ventes des négociants de matériaux et 15 % des ventes des grossistes en produits de décoration sont réalisées auprès de non-« pro ».

De fait, le bricoleur français se trouve représenté dans toutes les couches de la population. Le profil-type des ménages qui engage des travaux chez eux n’est pas très éloigné de la population générale. Toutefois, sont sur-représentés ceux qui habitent une maison (56 % de la population mais 75 % de ceux qui font des travaux) et les propriétaires. Côté âge, la tranche des 35-50 ans, dans la vie active et avec un revenu plutôt supérieur à la moyenne, est la plus représentée.

Pour le reste, pas question de distinguer ceux qui mettent la main à la pâte des autres. « Beaucoup de ménages sont à la fois bricoleurs et maître d’ouvrage », souligne-t-on chez Développement Construction. Au total, on peut considérer qu’au sein de la population française, on compte un quart de ménages exclusivement bricoleurs, 10 % de ménages exclusivement maître d’ouvrage et 15 % à la fois maîtres d’ouvrage et bricoleurs. On fait proportionnellement d’autant plus par soi-même que l’on est dans la vie active, en couple et dans un logement récent.

Trois types de ménages

L’étude BricoScan identifie trois typologies de ménages :

Les « traditionnels » représentent 56 % des ménages et plus de la moitié des dépenses engagées. Ils sont plutôt âgés et vivent dans de petites agglomérations Ce sont des bricoleurs compétents sans toutefois être experts. Ils ont plus que les autres recours aux entreprises.

Les « actifs impliqués » regroupent 20 % des ménages et pèsent 30 % des dépenses. A la fois bricoleurs et maîtres d’ouvrage, ils réalisent eux-mêmes la majorité des travaux et n’hésitent pas entreprendre des travaux « lourds ». Issus de CSP+, ils ont l’habitude de fréquenter le commerce de gros.

Les « jeunes citadins » composent 25 % des ménages et seulement 10 % des dépenses. Plus jeunes que les autres, ils vivent majoritairement dans de grandes agglomérations. Bricoleurs modestes, ils engagent des travaux relativement légers.

Les motivations des bricoleurs : économies et satisfaction personnelle

Côté motivations, les travaux sont engagés pour embellir ou remettre à neuf, pour remplacer ou réparer une composante vétuste de l’habitat ou encore pour améliorer son niveau de confort. Si les bricoleurs citent souvent aussi le plaisir de bricoler, leur moteur numéro un reste le souci de faire des économies. Faire soi-même coûte moins cher que de faire appel à un professionnel. La satisfaction personnelle que l’on peut tirer d’une activité de bricolage constitue une motivation plus forte vis-à-vis des travaux de déco et d’aménagement intérieur. A l’inverse, la réalisation de travaux « lourds » (pose de radiateurs, de fenêtres, etc.) est surtout motivée par le désir de gagner de l’argent.

Quant aux ménages qui font appel à un professionnel, ils justifient leur choix par des motivations de deux ordres : d’une part privilégier le savoir-faire d’un professionnel aux compétences reconnues pour s’assurer d’avoir des travaux bien faits, d’autre part la possibilité de bénéficier de réductions fiscales (fenêtres, chauffage, etc.) ou de la TVA à 5,5 % (isolation, aménagement intérieur, etc.).

Vive la peinture et le papier peint !

Au niveau du type de travaux, ceux concernant la décoration sont les plus courants. Peinture intérieure ou réalisation d’un enduit intérieur concerne un quart des Français. La pose d’un papier peint a concerné 20 % des ménages. Viennent ensuite la plomberie et la pose de robinetterie sanitaire (15 et 13 % des ménages français), suivies par la création de rangements et l’électricité (dans les deux cas autour de 12 % des ménages français).

L’étude BricoScan Travaux & Projets

Développement Construction est un spécialiste du conseil marketing et des études de marché dans le domaine du bâtiment, du bricolage de l’immobilier. Son étude BricoScan Travaux & Projets est la première étude d’une telle importance conduite en France permettant de décrire la nature des travaux que les Français initient chez eux. Sont concernés à la fois les travaux qu’ils les réalisent eux-mêmes et ceux qu’ils font faire, à l’exclusion de ceux relevant de la construction neuve, des travaux de copropriété et d’entretien courant. L’étude qualitative a été menée auprès de 30 personnes et la partie quantitative auprès de 2000 ménages, suivant la méthode des quotas.

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