Maisons pilotes « Eco-logis » : un bilan énergétique optimisé de G à C
Reportage
A la fois environnemental et social, le projet Eco-logis a entrepris la rénovation énergétique de trois « maisons-test » sur Rennes métropole. Nostrodomus vous à présenté les prémices du programme en octobre 2008. Deux ans plus tard, les chantiers témoins s'ouvrent au grand public.
"J’ai enfin arrêté de mettre trois pulls ," lance Maryvonne Gicquel soulagée, après neuf années passées dans une maison non-isolée. Aujourd’hui elle est fière de nous montrer sa « nouvelle » demeure.
La famille Gicquel fait partie des trois familles sélectionnées par le projet « Eco-logis » de la Jeune Chambre Economique de Rennes. L’objectif de cette démarche est d’organiser et présenter des chantiers témoins illustrant les points clés d’un projet de rénovation énergétique. Les travaux sont désormais bouclés, c’est l’heure des premiers bilans.
Lorsqu’elle achète sa maison en 2002, Maryvonne Gicquel ignore tout du problème d’isolation.
"Le diagnostic immobilier n’était pas encore obligatoire, nous étions peu sensibilisés à cette démarche". La maison est bon marché. La famille, alors en recherche urgente de logement saisit l’opportunité. Les désillusions ne tardent pas. "L’hiver, il faisait tellement froid que nous ne pouvions pas rester assis dans une pièce, poursuit Maryvonne, tout l’air s’échappait par les ouvertures, c’était impossible de chauffer". Dépourvue d’isolation, une maison perd environ 30 % de sa chaleur par la façade et 22 % par le toit.
Cave et aérations vétustes représentent entre 15 % et 13 % de pertes supplémentaires.
Un chantier en cinq étapes
Neuf ans plus tard, l’habitation des Gicquel est entièrement rénovée en cinq grandes étapes.
- Un premier audit énergétique permet au maître d’œuvre de préconiser quatre chantiers majeurs.
- La priorité est mise sur le problème de la déperdition de chaleur et les ruptures de ponts thermiques. Le maître d’œuvre opte pour une isolation thermique par l’extérieur ou ITE, de tous les murs périphériques du rez-de-chaussée et du pignon est. Ce système consiste à gratter le crépi et recouvrir la façade de la maison avec une couche de 10 cm de polystyrène expansé (PSE), chevillé et collé, puis renforcé d’un treillis métallique. Trois couches d’enduit recouvrent ensuite le polystyrène, pour garantir la parfaite étanchéité de la façade. Cette technique est la plus fréquemment utilisée et aussi la plus économique.
- Les fenêtres en bois sont quant à elles substituées par des modèles PVC à double-vitrage. Le remplacement des anciennes menuiseries réduit l’effet de « paroi froide » et les déperditions thermiques.
- Les combles font l’objet d’un traitement par l’intérieur, pour isoler le volume chauffé. Chez les Gicquel, la trappe d’accès aux combles et les murs entre le grenier et les pièces chauffées de l’étage, ont été doublée d’une couche isolante en laine minérale. Une cloison séparatrice de même nature est ajoutée entre le grenier et la salle de bain.
Un isolant PSE est appliqué sur le mur séparant le garage de l’habitation. Ce composant résiste aux chocs et « bloque » l’humidité, contrairement à la laine minérale qui l’absorbe. Cette caractéristique justifie son emploi dans les pièces humides et non-chauffées.
- La quatrième étape consiste à remplacer les ventilations intérieures, responsables des appels d’air. Les ouvertures anciennes sont rebouchées et remplacées par une Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) simple flux hygro réglable type B. Cet appareil assure le renouvellement de l’air intérieur sans introduire d’air indésirable (froid ou chaud) grâce à son système d’échangeur thermique qui module cette aération.
- La dernière étape de la rénovation est l’installation d’une chaudière gaz à condensation, accompagnée d’un régulateur thermostatique. Des têtes thermostatiques sont ajoutées sur le réseau de radiateurs existants.
La chaudière gaz à condensation consomme moins de gaz qu’une chaudière classique. Au lieu de rejeter la fumée chaude issue de la combustion du gaz, elle la refroidit jusqu’à condensation, pour récupérer le maximum de chaleur.
Lien utile
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Le projet Eco'Logis vise à vous faire réaliser des économies d'énergies, à faire un geste pour la planète et surtout à réaliser un exemple de rénovation intégrale d'une maison sur la région rennaise.
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Maison Gicquel : le détail des coûts
Audit énergétique : 600 €
Thermographie : 400 €
Isolation par l’extérieur de tous les murs périphériques du RDC et le pignon Est : 12 000 €
Remplacement de toutes les fenêtres : 6300 €
Isolation de la trappe d’accès aux combles : 250 €
Doublage intérieur du garage : 967 €
Remplacement de la chaudière gaz par une chaudière gaz à condensation, pose d’un régulateur thermostatique et ajout de têtes thermostatiques sur le réseau de radiateurs existants : 2700 €
Retour sur le projet « Eco-logis »
« Eco-logis »
est né au printemps 2008, d’après une idée de la Jeune Chambre
Économique.
Le
projet de départ consistait à faire une photographie thermique
aérienne de la ville de Rennes, pour montrer les disparités des
habitations en terme de consommation énergétique.
Puis,
l’idée évolue vers un prototype de rénovation de maisons
représentatives de l’habitat de Rennes métropole.
En
2009, les membres de la commission démarchent les collectivités et
les entreprises du bâtiment. Rapidement, un partenariat est conclu
avec Rennes métropole. Le projet rassemble ensuite un panel de professionnels du secteur, permettant de financer la rénovation de trois maisons à titre "d’exemple", afin de démontrer, preuves à l’appui, l’intérêt de la rénovation énergétique de leur habitat.
Janvier
2010, les appels à candidature sont lancés. Sur 150 familles
candidates, 3 sont retenues dont la famille Gicquel.
Parrainée
par le navigateur Vincent Riou, la commission « Eco-logis »,
dirigée par Vincent Chuberre compte une dizaine de membres.
Isoler ses murs, par l’intérieur ou par l’extérieur ?
Il existe
actuellement deux techniques d’isolation des murs : par l’extérieur
et par l’intérieur.
L’isolation
thermique par l’extérieur convient particulièrement aux maisons
anciennes ou dépourvue d’isolant, et aux habitats collectifs.
Cette
technique empêche la formation des ponts-thermiques, notamment au
niveau des planchers intermédiaires dans le cadre d’un immeuble.
L’isolant
utilisé est dans la majorité des cas un polystyrène expansé. Ce
matériau, issu du pétrole brut renferme 98 % d’air, ce qui le rend
facile et économique à l’utilisation. Il pèse une dizaine de
kilo au m². Sa résistance mécanique est très élevée.
On compte
trois modes de pose de l’isolant :
- La pose
collée est utilisée sur des surfaces planes régulières ou neuves.
- La pose
calée et chevillée s’emploie sur les surfaces présentant des
petites irrégularités, ou dans le cadre d’une rénovation sur un
enduit ancien. Les chevilles plastifiées fixent les parois d’isolant
sur la façade.
- Pour les
rénovations de façades anciennes, la pose d’un rail PVC est
indispensable.
L’isolant est ensuite recouvert de trois couches d’enduit,
donnant un aspect « frais » à la façade.
Dans l’idéal, les fenêtres sont changées avant la pose de
l’isolant, de façon à ce que ce dernier les entoure.
L’isolation thermique par l’extérieur entraînerait entre 30 et
50 % d’économies d’énergie sur les constructions anciennes. Le
pourcentage varie en fonction des habitudes de consommation de
chacun.
Votre habitation est neuve ou déjà isolée, mais présente des
problèmes de pont thermique ? L’isolation intérieure est la
solution idoine.
Comme son nom l’indique, l’isolation intérieure consiste à
renforcer l’isolation thermique et acoustique des murs intérieurs
par l’ajout de couches isolantes.
La technique repose sur une ossature métallique élémentaire, un
isolant minéral (laine de verre, de roche) ou végétal (ouate de
cellulose, laine de bois) et un revêtement de finition.
lorsque l’on refait l’isolation des murs, cela a un impact sur la
structure même de la maison. En extérieur, le mur est renforcé,
donc plus large et plus épais. La toiture doit alors être modifiée,
souvent par un déport de toit sur un profil en aluminium. Les
volets et les gouttières sont également décrochés puis
réinstallés.
L’isolation
par l’intérieur est réputé moins cher que l’isolation par
l’extérieur. Pourtant, le procédé réduit la surface de la pièce
et toute la décoration est à refaire. Il faut détapisser puis
retapisser ou repeindre. Les radiateurs, les prises électriques,
sont également à repositionner, tout comme les arrivées d’eau et
de gaz.
Si
vous souhaitez en savoir plus sur les composants isolants, La
rédaction de Nostrodomus vous propose son enquête sur le lien
suivant :
http://www.nostrodomus.fr/magazine/article/bien-isoler-sans-se-tromper.html
Prix
indicatif de l’isolation extérieure : entre 100 et 150 € du
m² en fonction des travaux à réaliser et des modifications
(toiture, volet… ) à apporter.
Prix
indicatif de l’isolation intérieure : 20 à 40 euros/m² hors
coût des travaux de remaniement intérieur.