L’univers re-créatif d’Anouchka Potdevin

Portrait
  • rédigé par Fanny Rousselin-Rousvoal

  • publié le 27 novembre 2008 dernière modification depuis plus de 8 ans Vue 8432 fois
Son nom n’est pas banal. Anouchka ne l’est pas non plus ! Rencontre avec une créatrice hors normes, qui a déjà un vrai univers, entièrement à base de récup’. A ses heures perdues, c’est aussi une blogueuse, pas forcément assidue mais de bonne volonté.

Anouchka Potdevinimage Anouchka Potdevin

Anouchka Potdevin a 33 ans et une démarche créative entièrement axée sur la récupération.

© Nostrodomus

Anouchka Potdevin a un nom hors du commun, un univers bien à elle et un caractère bien trempé. « Mon but, c’est avant tout de faire des objets curieux, singuliers. Je suis bien consciente que ça ne plait pas à tout le monde ! », revendique cette créatrice de 33 ans. Elle ne fait pas dans le consensuel et elle assume. Originalité la plus visible de la démarche : les matériaux de prédilection d’Anouchka sont tous issus de la récupération. PVC, faïence, bois, porcelaine, jouets en plastique, déchets d’imprimerie, etc. : tous les matériaux l’inspirent. Avec un coup de cœur spécial « au formica et aux stratifiés ringards ». « L’idée, c’est d’essayer de regarder différemment ce que l’on peut jeter, pour en faire quelque chose de neuf ».

Cette démarche décalée par rapport à la société de consommation, Anouchka l’a acquise à la fin de ses études. Après un passage par la fac, elle se lance dans un CAP de métallerie-ferronnerie d’art. Puis, pendant trois ans, elle suit des études d’arts appliqués. Là-bas, elle apprend à concevoir des projets de A à Z, dans un processus industriel. Intéressant sans aucun doute, mais « ce qui m’a surtout frappé, c’était le contenu des poubelles de ces industriels ». Un gâchis qui inspire tout de suite Anouchka.

Cadre scène de ménageimage Cadre scène de ménage

"Scène de ménage" : un nom plein d'humour pour ce cadre réalisé à partir de porcelaine cassée.

© Anouchka Potdevin

Depuis qu’elle est à son compte, elle continue à s’approvisionner auprès de ces rebuts « pros » lorsqu’on l’y autorise ou tout simplement « par terre », lors des vides greniers ou dans les Emmaüs. « C’est un passage obligé lors de mes voyages. J’en ai fait près d’une vingtaine en France », se réjouit Anouchka. Côté création, « c’est ce que je trouve qui m’inspire ». Installée en Bretagne à Gaël (Ille-et-Vilaine), elle travaille aussi sur commande. Certains clients lui demandent ainsi de redonner une autre vie à un vieil objet qui traîne dans leur grenier.

Création & Re-création contemporaine

Meuble relookéimage Meuble relooké

Anouchka redonne une nouvelle vie aux "pauvres meubles dont on se débarrasserait volontiers parce qu'ils sont sans intérêt ou moches, voire les deux". Peints à la main, les jacquards, tartans et pied de poule rhabillent ces vieilleries pour de nombreux hivers !

© Anouchka Potdevin

Depuis juillet 2007, Anouchka a une autre corde à son arc : un blog dédié à ses créations. « C’est plus souple qu’un site internet et ça me permet d’agir de chez moi, quand je veux, explique-t-elle. Par contre, je ne suis pas toujours assidue. Entre mon atelier, les relations avec les clients ou la tenue des comptes, dur de trouver du temps ! ». Dénommé Création & Re-création contemporaine », le blog enregistre pour l’heure une centaine de visites par semaine. Les internautes peuvent s’y imprégner de l’univers d’Anouchka : des tableaux confectionnés en boutons, des cadres en vaisselle cassée, du mobilier peint à la main façon tartan ou pied de poule et bien d’autres choses encore.
Tableau Diana Rossimage Tableau Diana Ross

Diana Ross : pour ce tableau, les cheveux sont en... boutons ! (gros plan)

© Anouchka Potdevin

« Mais le blog n’a pas directement de vocation commerciale. Pour acheter, les gens ont besoin de toucher ». Le site se heurte aussi à un écueil d’un autre genre : « même les gens qui me connaissent ont du mal à me retrouver sur internet », constate Anouchka. La faute à un prénom… et à un nom de famille, pas forcément fastoches à orthographier ! « Ca n’a pas toujours été facile à porter, se souvient la jeune femme. Mais lorsqu’un ami designer m’a proposé de me créer un nom de marque à la sortie de mes études, je me suis dit qu’il était sans doute temps d’assumer ! ». A Nostrodomus en tout cas, on adore ce nom, aussi unique que celle qui le porte.

Bientôt, nous vous proposerons sur Nostrodomus une vidéo d’Anouchka. Elle nous y montrera entre autre, sa démarche créative dans un restaurant Scarabée Biocoop qu’elle vient juste de redécorer.

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