« Arborescences », le mobilier au naturel selon Eric Robin

Reportage
  • rédigé par Virginie Trin

  • publié le 29 mai 2012 dernière modification depuis plus de 2 ans Vue 4608 fois
L’exposition « Arborescences » se tient jusqu’au 16 juin 2012 à la galerie En attendant les Barbares, à Paris. Neuf pièces de mobilier s’y croisent, tout en fer et or. À l’origine de cette présentation, un penchant pour le naturalisme et une certaine idée du design végétal. Rencontre avec Eric Robin, le designer de la collection.

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Formé aux Beaux Arts de Dijon puis aux Arts Décoratifs de Paris, Eric Robin travaille depuis plus de quinze ans dans le domaine de l'art, du design, de l'architecture d'intérieure etc. Il a collaboré avec les plus grands noms, parmi lesquels Eric Gizard, Andrée Putman et Christian Ghion.

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La galerie parisienne En attendant les barbares abrite une drôle de flore, à la fois sombre et délicate. Savant mélange du fer noir et des feuilles d’or, l’exposition Arborescences, qui se tient jusqu’au 16 juin 2012, porte bien son nom.

Buissons, brindilles, racines, troncs… les neuf pièces de mobilier respirent la nature dans ce qu’elle a de plus sauvage, aidées dans leur scénographie par le paysagiste Christophe Ponceau. Les fonds, des branches entrelacées, sont constitués de panneaux découpés à partir des dessins d’Éric Robin, le designer de la collection. Pour l’occasion, il s’est entouré du ferronnier Pierre Basse, qui a réalisé les objets. « Sortir des éléments du dessin et en faire des choses, c’est un vrai bonheur » pour Éric Robin.

Le résultat, Anne Bony, l’historienne du design, a su en décrire l’essence : « Les jeunes arbres dénudés, illuminés par la feuille d’or, attendent la renaissance du printemps. Leurs racines se déroulent en entrelacs et rhizomes en sous-bois. Poétiques, ces Arborescences issues de la terre invitent à regarder le ciel. »

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Eric Robin s'explique sur le choix des matériaux, pour cette table basse comme pour les huit autres pièces : « Le bronze était trop cher, donc j'ai opté pour le fer. L’or, c’est clinquant, je n’en voulais pas au départ. Mais il faut bien donner de la texture à l’objet… »

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Ces pièces quasi-uniques interrogent notre propre rapport à la nature. « Ici est présentée la nature conquérante, la vraie, celle qui blesse, pas la "gnan-gnan". C’est cette nature qui fascine », résume Éric Robin.

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Toutes les pièces de la collection Arborescences, comme ce lampadaire, sont composées de fer sculpté noirci et de feuilles d'or.

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Arborescences, qui aura mis le temps record de trois mois pour se monter, contre un an habituellement, tire son origine d’une précédente exposition de la galerie, Or(s), en novembre dernier. Là, Éric Robin présentait un lampadaire et un guéridon, les premières pièces de la collection. « Comme ces deux pièces ont remporté un succès auprès des clients, nous nous sommes dit pourquoi pas faire une collection complète ? »

À l’origine également, un amour du naturalisme : « Je rêvais d’être entomologiste. J’ai finalement opté pour ma deuxième passion : le dessin. » Il s’imprègne du design végétal et du travail de Christian Ghion, dont il a été l’assistant cinq ans durant. Comme pour son maître, pas de 3D : « Pour le volume, je passe par la maquette. Je compense la 3D avec le plus de détails possibles. »

Autre source d’inspiration pour Eric Robin : la science-fiction. Avatar, pour sa « nature fantasmée » et Forbidden Planet pour « l’intégration de la nature dans la technologie ». Toutes ces sources d’inspiration lui donnent des idées à revendre. Il a d’ailleurs encore des pièces d’arborescence sous le coude : il pense notamment à « une applique à trois lampes qui courent le long du mur »

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Pour la lampe Jacinthe par exemple, Eric Robin illustre sa démarche : « Je voulais quelque chose comme la lampe Soon, qui ne ressemble pas à une lampe quand elle est éteinte. »

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