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    Grève de la faim pour trois victimes des fauteuils contaminés Conforama

    24 avr. 2009

    À Villeneuve-d’Ascq, près de Lille, trois victimes des « fauteuils contaminés de Conforama » font une grève de la faim depuis samedi dernier (18 avril). Le but de ce mouvement : « faire analyser nos logements, que nous pensons contaminés par le dimethylfumarate (DMF) », affirme, dans une interview au Post datant du 23 avril, Claudette Lemoine, à la tête de l’association des victimes des fauteuils empoisonnés Conforama.

    Il y a environ deux ans, des fauteuils chinois, achetés chez Conforama, ont provoqués chez bon nombre d’acquéreurs de l’eczéma, des brûlures et autres douleurs physiques. Ces fauteuils contenaient des sachets anti-moisissures toxiques, renfermant du DMF, un produit chimique utilisé pour protéger les meubles de l’humidité durant leur transport.

    En pleine polémique, début 2008, Conforama expliquait que dans les lots dits empoisonneurs, « ce produit était en très grande quantité. Parfois près de dix fois la dose normale. Et les sachets étaient trop proches du bord des fauteuils, là où la peau est en contact avec le tissu. »

    Le distributeur a donc récupéré les fauteuils contaminés et, suite à une plainte collective déposée en février dernier, par le collectif Rouannez-Anna contre Conforama, l’enseigne d’équipement de la maison avait versé aux victimes entre 3 000 et 4 000 euros.

    Mais aujourd’hui, l’association revient à la charge, convaincue que le DMF contenu dans les fauteuils aurait infecté leurs habitations : « Nous sommes persuadés que nos logements sont contaminés, explique la sexagénaire dans une interview du 20 avril à La Voix du Nord, le nôtre mais aussi celui de beaucoup de victimes, dans la mesure où lorsqu’elles partent de leur domicile, les démangeaisons, les boutons rouges, les plaques disparaissent, et lorsqu’elles reviennent trois, quatre jours après, malheureusement, tout recommence. » À cela, s’ajoute le fait que les conjoint(e)s des victimes, même après le retrait des fauteuils contaminés, ont commencé à développer des problèmes respiratoires et cutanés, similaires aux symptômes des victimes.

    Le collectif souhaite donc réaliser des analyses de l’air dans plusieurs logements. La facture s’élèverait entre 6 000 et 8 000 euros par analyse. Les victimes refusent de devoir payer pour savoir si leur logement reste contaminé malgré le retrait du fauteuil, elles ont donc décidé de saisir le ministère de la Santé mais « nous n’avons eu aucune réponse », déplore Claudette Lemoine.

    Elle a tout de même rencontré, vendredi 10 avril, le conseiller technique de Roselyne Bachelot à la préfecture de Lille. Une rencontre « décevante et écoeurante ». « Quand on lui a montré les photos où des personnes ont le dos brûlé depuis plus de 6 mois, où la peau est à vif, il nous a dit que de toute façon c’était une allergie, comme une allergie quand on mange des fraises. Excusez-moi mais quand on mange des fraises, on a quand même pas ce genre de problème de peau. »

    Du côté du ministère, on dit « ne pas remettre en cause l’importance des allergies et reconnaître le caractère sérieux des manifestations cutanées » mais que « le ministère n’a pas vocation à faire analyser les logements ni à prendre de telles mesures », et que « l’lNVS, l’institut de veille sanitaire, estime que ces analyses ne sont pas nécessaires. »

    Pour Claudette Lemoine,il faut arrêter « de se payer la tête des gens et j’en ai plus qu’assez du mépris du ministère de la Santé ». Comme elle l’avait annoncé au conseiller technique, sans nouvelle de sa part dans les 10 jours suivant leur rencontre, elle entamerait une grève de la faim. « Le ministère de la Santé ne veut rien faire. On n’a pas l’intention de se taire non plus. »

    Claudette Lemoine, 66 ans, Yveline Cabre, 64 ans, et Bernard Vincent, 55 ans, ont tout trois exécuté leur menace et ont entamé une grève de la faim samedi dernier. « Malheureusement, confie Claudette Lemoine, je suis diabétique. Mon médecin traitant, bien sûr, n’était pas d’accord. Il m’a conseillé d’arrêter progressivement mon traitement ». Déterminés et solidaires, ils défendent les 140 victimes recensées en France dont 13 décès suspects et un confirmé par un médecin. Ils ne s’arrêteront donc qu’en gain de cause. En attendant une réponse du ministère de la Santé, « on guette le courrier, les mails, le téléphone. Mais c’est de plus en plus dur, on est très fatigués. ». Et Claudette Lemoine de conclure : « Faut que je tienne… De toute façon, je tiendrai jusqu’au bout. »

    HG

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